Voilà un constat fait par l’organisme de défense des droits des travailleurs non syndiqués Au bas de l’échelle, qui défend les salariés depuis 35 ans. La porte-parole et responsable des dossiers politiques, Carole Henry, laisse savoir qu’encore aujourd’hui, même après tant d’années d’éducation populaire, de nombreux problèmes surviennent dans les milieux de travail non syndiqués.
« Il faut toujours sensibiliser les gens à leurs droits. On va les rencontrer avant même qu’ils sortent des écoles spécialisées ou de leurs classes de formation, pour les mettre au courant de ce qu’ils peuvent accepter ou non de la part de leur patron. C’est encore étonnant de constater que les nouveaux travailleurs ne connaissent pas leurs droits et que beaucoup d’entreprises profitent de cette situation. C’est plus flagrant et problématique que dans les entreprises syndiquées », dit-elle.
Fondé en 1975, l’organisme à but non lucratif est principalement financé par Centraide, de même que par certains ministères et des dons personnels.
« Contrairement à d’autres OBNL, il est difficile pour nous d’aller cogner à la porte des entreprises pour leur demander de nous aider financièrement. Disons que l’argent provenant des compagnies ne constitue pas le gros de notre budget annuel », admet Mme Henry.
« On se rend bien compte que le rapport de force n’est pas à l’avantage des travailleurs non syndiqués. » - - Carole Henry, porte-parole d’Au bas de l’échelle.
Visibilité
C’est au centre Saint-Pierre, sur la rue Panet, qu’Au bas de l’échelle fête, ce 12 novembre, ses 35 ans d’existence.
Une occasion pour les organisateurs de célébrer toutes ces années de défense des travailleurs non syndiqués – 60 % de la population québécoise n’est pas syndiquée –, de demander une contribution aux gens présents ce soir-là – encan silencieux, journée réflexion – et de trouver une façon d’augmenter la visibilité de l’organisme dans les médias et auprès de la population.
« Nous sommes de plus en plus connus, grâce notamment à nos sessions de formation dans les écoles. Nous avons plus de 2000 appels par année de travailleurs qui vivent des difficultés dans leur milieu de travail, principalement à cause des heures de travail non payées. Maintenant, nous avons aussi un nouveau porte-parole (le comédien Marc Béland), ce qui devrait nous permettre d’avoir une meilleure visibilité chez le grand public et, par le fait même, les travailleurs non syndiqués. »
Pour connaître l’organisme : www.aubasdelechelle.ca.
