Cette soupe Pozole ("poz-olé") serait très ancienne et aurait été préparée avant l’arrivée de Christophe Colomb de ce côté de la grande mare. Pour juger de l’importance de cette soupe, il faut savoir que l’on croyait à l’époque chez les Aztèques que l’homme avait été créé par les dieux à partir de maïs!
La version traditionnelle de fête se prépare avec une tête entière de porc, qui cuit lentement dans le bouillon. Au moment de servir, on découpe et sépare les oreilles entre les convives et on garde les yeux pour les invités de marque... Celle que j’ai goûtée n’avait pas du tout cet exotisme digne d’un film d’Indiana Jones (celle que je vous propose ici non plus d’ailleurs) !
La version que je vous propose ici ressemble beaucoup à celle goûtée là bas.
Alfredo, le voisin chez ma blonde, est du Mexique (Hola! en passant! Y la misma por Véro y todo la familia!). Alfredo m’a dit que ma version était très bonne (ouf, j’ai passé le test !). En passant, lui la prépare souvent « blanco », i.e. sans piment (ou autres aromates rouges). Il ajoute alors de la sauce piquante dans son bol, au goût. Une option aussi très intéressante!
Ou acheter tout ça? J’ai trouvé le maïs hominy et el pimento pascilla chez Sabor Latino (Bélanger et St-Denis), mais il y en a beaucoup d’autres dans la région de Montréal. Certaines épiceries asiatiques (comme Kim Phat rue Jarry) ont aussi une allée de produits latinos.
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Recette pour 6 personnes
Temps à prévoir : en tout, 20 minutes de préparation, au moins une heure de cuisson, et idéalement deux heures, c’est mieux
Source : recette traditionnelle mexicaine. À mon retour de vacances, j’ai pigé dans différents livres et dans mon inspiration de retour de vacances pour faire ma version.
-Une grosse boite de 28 on (796 ml) de « maïs hominy » : c’est une sorte de maïs blanc à gros grain, qui est cuit longtemps jusqu’à ce qu’il éclate (j’ai utilisé la marque Goya)
-2 grosses côtelettes de porc, avec os
-400 g de haut de cuisse de poulet (ou une demi douzaine de cuisses de poulet)
-2-3 gousses d’ail
-1 oignon moyen, haché fin
- 3 piments séchés de type Pascilla (un piment séché PAS piquant : seulement 4 sur l’échelle de Scoville (soit un « piment doux chaud », c’est nettement moins que le jalapeño – 6 à 8 sur l’échelle de Scoville, selon les sources, et le piment oiseau asiatique (8 à 9 sur 10))
-Une pincée d’origan
-Une cuillère à soupe ou deux de poudre de chili
-Sel!
-Pour servir : tranches de limes, oignon haché et coriandre fraîche. Dans certaines recettes, on l’accompagne aussi de laitue hachée finement, et de radis hachés.
*Dans une grande casserole, ajouter environ 8 tasses d’eau (2 litres), le maïs hominy, l’ail, l’oignon et les viandes. Ajouter les trois piments pascilla entiers. Laisser mijoter.
*Après cinq ou dix minutes, récupérer les piments, et les passer au robot avec un peu d’eau de cuisson, après les avoir épépinés le plus possible. Remettre dans la casserole. Le piment pascilla va colorer la soupe et ajouter une note de piment fumé à la soupe, et sans que cela soit très pimenté.
*Ajouter aussi la poudre de chili et l’origan.
*Après environ une demi-heure, retirer les viandes et les hacher menu quand elles sont assez refroidies pour être manipulées. Remettre dans la casserole avec les os des côtelettes.
*Saler au goût - les Mexicains salent beaucoup leurs plats. Laisser mijoter au moins une autre demi-heure, et idéalement une heure trente pour que la viande soit très tendre.
*Récupérer les os des côtelettes et les donner à un chien bienheureux.
*Servir avec des quartiers de limes, de l’oignon frais haché, quelques brins de coriandre fraîche, et de la sauce piquante au goût!
Pendant ce temps …
Juste vous parler d’un aspect bouffe de la semaine passée cet été à Puerto Vallarta, Mexique (peinards dans un tout compris). La sainte paix, c’est la raison pour partir si loin alors que Montréal est magnifique en été…
Je voulais vous en parler ici car là-bas on a eu une surprise en arrivant, en constatant qu’en été, plus des trois quarts de l’hôtel Decameron étaient remplis par des Mexicains en vacances! Tout à fait génial! Un vrai dépaysement! Les Mexicains étaient surtout en famille, amicaux et plutôt tranquilles. On se ressemble beaucoup.
Et le plus cool est que les Mexicains ne sont pas très fort sur la bouffe internationale (triste pour eux), alors ce fut une semaine de super bouffes mexicaines : le buffet était très fortement mexicain, très varié tous les jours (ils faisaient le tour des régions du Mexique, une par jour). Caramba!
Vraiment génial car on a goûté à plein de choses différentes et tout à fait savoureuses. Du mexicain sept jours, matin, midi, soir! Des laits de maïs, des courges et des patates douces au sirop, beaucoup de bines, grillades, de guacamole et de tortillas, de molle, de sauces piquantes rouges et vertes!
J’ai acheté le lendemain de mon retour un gros bouquin de cuisine mexicaine et je l’utilise souvent avec joie.
Je dois avouer être par contre plutôt déçu de certains de mes compatriotes : notre gentille contact Nolitours là-bas nous a dit avoir reçu des plaintes de Québécois au sujet de la bouffe... trop mexicaine.
Citron, c’était si dur que ça de ne pas manger de brochette de blanc de poulet ou des spégattis durant juste une semaine? Sortez un peu! Certains me font honte tellement ils sont étroits d’esprit et Elvis Gratton en vacances!
Mais ce n’est pas le cas de tous, par chance, certains étaient plutôt cool et ouverts d’esprit. Je les salue!
Un exemple : dans une des excursions, on a visité le centre de Puerto Vallarta avec un guide génial, Javier. Au dîner, il nous a conduits à un joli restaurant dans un coin perdu de la banlieue sud de Puerto Vallarta (à Mismaloya, presque dans la jungle). Plein de choses mexicaines et de la mer au menu, mais beaucoup de Québécois ont choisi … des brochettes de poulet… Tabarnacos!
Je suis tout à fait sérieux, et je pense que c'est une chance qu’il n’y a avait pas de lasagnes au menu! L’ouverture d’esprit, ce n’est pas une fracture du crâne, comme dit Ariane Moffat!
Pour plus de recettes, et de propos impertinents, visitez aussi mon blogue : www.anecdotesdecuisine.com