Durant toute sa vie, Pierre Falardeau a fait de l’indépendance du Québec le combat de sa vie. Même mort, sa voix résonne encore, via un documentaire qui prend l’affiche le 22 décembre au cinéma Beaubien.
Durant les derniers mois de sa vie, Germàn Gutierrez et Carmen Garcia ont suivi le cinéaste dans ses activités. « L’idée est venue lors d’un souper avec lui et sa femme. On lui a tout simplement demandé s’il accepterait qu’on fasse un documentaire sur lui, sur son travail, sa vie. On pensait devoir lui expliquer longtemps notre point de vue avant qu’il accepte, mais à notre grand étonnement, il a souri et a simplement dit “oui, j’embarque” », explique la productrice, Carmen Garcia.
De janvier à avril 2009, Argus, la petite boîte de production de la rue Fullum, a donc parcouru les archives de différents médias, mis la main sur des extraits des films du cinéaste, sur des entrevues qu’il a données, des discours qu’il a prononcés, des textes qu’il a écrits. « On a recueilli beaucoup, beaucoup de matériel. Quand on s’est mis à appeler, les portes se sont toutes ouvertes. Nous n’avons reçu aucun refus. Au contraire; les gens étaient très, très généreux. On a tellement d’archives le concernant qu’on pourrait constituer le fond Falardeau », souligne Mme Garcia.
La productrice admet que la maladie et la mort soudaine du cinéaste ont chamboulé la trame même du documentaire. « On voulait le suivre dans ses nombreux voyages, le faire réagir sur certains discours qu’il a prononcés au cours de sa vie. Le montrer sous un autre angle. Finalement, on a dû se référer davantage aux archives qu’on avait sous la main pour constituer l’histoire. Mais ce n’est pas plus mal, parce qu’on a obtenu un film qui n’est ni un hommage à Pierre, ni un règlement de compte. Les gens vont découvrir un Falardeau courageux, qui défend ses idées, mais aussi un être profondément timide et sensible. »
« Pierre ne manquait pas d’imprudence. Moi, je suis beaucoup plus trouillarde que lui! » - - Carmen Garcia, productrice du documentaire « Pierre Falardeau »
La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), de même que Téléfilm Canada, ont contribué au financement du documentaire. « Pierre doit rire en sachant cela, lui qui a passé sa vie à se battre pour obtenir du financement de leur part. Nous, ça nous a pris deux petites rencontres et voilà, c’était fait. »
L’unique Beaubien
Le documentaire prendra l’affiche au cinéma Beaubien dans quelques jours. Pour l’instant, il s’agit du seul endroit où il sera possible de le voir dans la région.
La productrice ne sait pas trop pourquoi la distribution de Pierre Falardeau n’est pas annoncée dans d’autres salles montréalaises. « J’espérais avoir une projection au Quartier Latin ou à d’autres endroits, puisqu’il s’agit tout de même d’un film sur un personnage qui a marqué l’histoire du Québec. Cependant, c’est la distribution qui assure cette partie. Nous, on peut simplement dire qu’on a beaucoup travaillé sur ce projet et qu’on aimerait évidemment qu’il soit vu par le plus grand nombre de cinéphiles possible », évoque-t-elle.
Du côté de K Films Amérique, qui assure la distribution, on laisse savoir qu’il y a déjà de nombreuses demandes des exploitants de salles de cinéma situées à l’extérieur de la métropole. « Pour Montréal, on verra la réaction du public au cinéma Beaubien. Si un genre de « buzz » s’installe, il nous sera plus facile de convaincre des exploitants de salles de cinéma de Montréal », laisse entendre Géraldine Macagno, directrice des opérations.
