« Il serait temps de vraiment devenir maître chez nous », dit Richard Desjardins en conclusion du film produit par l’Office national du film du Canada.
Durant quatre-vingt minutes, on y apprend sur cette industrie peu connue du grand public. « Normal, indique en ouverture le chansonnier, les mines ne parlent pas beaucoup. Surtout pas de leur histoire. »
Et pour cause; selon les propos, entrevues et images d’archives recueillis par le duo qui nous avait donné L’erreur boréale en 1999, l’histoire des mines est sanglante, sale et très peu lucrative… pour ceux qui descendaient dans « l’trou » et leur famille.
Autres discours chez les prospecteurs et les compagnies minières, d’abord canadiennes, puis surtout étrangères, où là le profit sans égard à la santé et la sécurité de la population locale n’est certes pas une entrave au développement du Canada, bien au contraire; les maladies, les morts, la perte d’environnement, la fuite des capitaux à l’extérieur du Canada, le déplacement de quartier entier et le siphonnement des richesses du pays grâce au laxisme du gouvernement ont tout de même apporté un développement considérable et non négligeable dans l’histoire du Canada. Mais à quel prix?, se questionne les documentaristes. Un film choc à voir pour, à tout le moins, commencer à réfléchir sur ce que ne doit pas devenir le Plan Nord.
« L’histoire minière au Canada, c’est une histoire de profits faramineux au mépris de l’environnement et de la santé des travailleurs. Une histoire obscure où en pleine Première Guerre mondiale, le nickel de Sudbury est vendu à l’armée allemande qui en fabrique des balles qui serviront, à la bataille de Vimy, à tuer des soldats de Sudbury. Les affaires sont les affaires...
« À l’heure du Plan Nord et alors que tout un quartier de la ville de Malartic est exproprié pour permettre l’exploitation d’une mine à ciel ouvert, Trou Story nous rappelle l’urgence de changer les choses, de modifier des règles héritées du far west qui institutionnalisent la toute puissance des claims et autorisent le vandalisme environnemental. Il est enfin temps de se réapproprier notre sous-sol! »
