Angèle Dubeau Au pays de Gargantua

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Après Philip Glass, Angèle Dubeau et sa Pietà s'attaquent à un autre répertoire atypique, celui du compositeur Jean Françaix. L'album Gargantua et autres plaisirs, qui sortira le 24 février, invite à découvrir un univers musical réunissant des oeuvres autour du thème de la truculence.

Angèle Dubeau regrette de n'avoir pas eu l'occasion de rencontrer le compositeur et pianiste français décédé en 1997. Elle se serait entendue comme larron en foire avec ce musicien qui a placé l'humour au centre de son univers musical, croit-elle. «Ses pièces sont d'un humour croquant. C'était un homme qui se faisait plaisir et qui voulait faire plaisir», suggère la violoniste.

Les titres de ses compositions parlent d'eux-mêmes. L'heure du Berger, sous-titrée Musique de brasserie, se veut une ode au pastis Berger, grand classique de l'apéro en France. Cette pièce qui introduit l'album se compose de trois mouvements sur le ton de la caricature, dont Les petits nerveux, un clin d'œil du musicien à sa bande de copains cyclistes.

Gargantua, composition qui a donné son titre à l'album, s'inspire de l'univers de Rabelais. «Françaix a adapté le texte, mais il est allé beaucoup plus loin avec sa musique. Il caricature à merveille le thème de l'abondance, cher à Rabelais», indique la violoniste. L'aventure musicale autour des Inestimables Chroniques du bon géant Gargantua rabelaisien est restituée à son naturel grâce à une narration interprétée par le grand comédien Albert Millaire.

Traduire le sens de l'humour si particulier du compositeur est un vrai défi d'interprète. «Au-delà de la technique, cette musique fait appel à l'instinct. Il faut aller chercher ces petites subtilités, se laisser aller», illustre la violoniste. Un genre dans lequel elle excelle.

La musicienne raconte avoir «cliqué» sur les oeuvres de Françaix dès le conservatoire, un répertoire surtout joué par les instruments à vent. Pour retrouver la partition de L'heure du Berger, une de ses rares pièces écrites pour cordes, Angèle Dubeau a fait le tour des éditeurs. C'est finalement le fils du compositeur qui lui a procuré une version pour orchestre.

Sur l'album figure également la Sérénade à BEA, une commande d'un riche homme d'affaires hongrois pour sa belle, qui joue sur les trois premières lettres de son prénom Béatrice, correspondant aux notes si, mi et la en anglais.

Le nouvel opus sera présenté le 24 février à la Place des Arts dans le cadre du festival Montréal en lumière. Une tournée Gargantua suivra. Cet été, Angèle Dubeau et La Pieta présenteront pour la première fois sur scène le programme Philippe Glass. Une tournée au Québec suivra.

Propos recueillis par Carole le Hirez

- Pour manger… Pour ses parfums divers Souvenir d’Indochine (243, Mont-Royal Ouest) pour sa salade de calmar, le Café International (6714, Saint-Laurent) pour sa brandade de morue, Le Paris (1812, Sainte-Catherine O) pour ses aubergines aux crevettes Tchang Kiang - Pour flâner… Une grande marche vivifiante sur le mont Royal - Pour sortir… Je ne sors jamais ou presque sans mes atours signés Marie St-Pierre - Pour lire… Le réalisme des descriptions magnifiques de Montréal avec la plume d'Yves Beauchemin - À découvrir… Quand le temps le permet et surtout la saison, j’aime partir tôt le dimanche matin à bicyclette et circuler sur les grandes artères de Montréal seule avec cette impression que la ville nous appartient. -À fuir… L’Autoroute Bonaventure, l’échangeur Turcot, le boulevard Métropolitain, les trous et la gadoue.

Organisations: Gargantua rabelaisien, Place des Arts, Café International

Lieux géographiques: Rabelais, Montréal, France BEA Québec Mont-Royal Ouest Sainte-Catherine Mont Royal échangeur Turcot Boulevard Métropolitain

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