« Ça n’a plus de bon sens! On va finir par payer 2 $ le litre! » Qui n’a pas entendu cette phrase? Il y a quelques années, les usagers criaient à l’indignation lorsque le prix de l’essence franchissait la barre des 0, 99 $. Est-ce que les gens modifient pour autant leurs habitudes de d’achat avec le prix de l’essence actuel?
Selon le professeur agrégé de HEC Montréal, spécialiste en politique énergétique, Pierre-Olivier Pineau, il ne faut pas s’attendre à des changements drastiques « On n’a pas d’études spécifiques sur les Montréalais versus les banlieusards, mais les habitudes sont sensiblement les mêmes. Il est extrêmement difficile de les changer », estime-t-il.
Il est d’avis que les consommateurs ont plutôt apporté des ajustements. « Ce n’est pas vrai de dire qu’en raison de la hausse du prix de l’essence, les gens vont moins souvent au restaurant. Ils y vont, mais n’achètent peut-être pas une bouteille de vin, donne-t-il en exemple. Même chose pour les sorties. Au lieu de traverser l’Amérique du Nord en caravane, les gens opteraient plutôt pour voyager à l’intérieur du Québec. Ce sont des ajustements, mais pas des changements », précise M. Pineau. « On a connu une phase en 2008, ou les gens hésitaient avant d’acheter, mais ce n’est plus le cas. »
Véhicules utilitaires sport à la hausse
La hausse de la vente des véhicules utilitaires sport (jusqu’en janvier) est un indice qui démontre que les consommateurs ne sont toujours pas prêts à modifier leurs habitudes.
« Le fait de vivre dans une riche société et que la récession n’ait pas touché fortement le Québec expliquerait cette latitude, croit M. Pineau. Les gens ont la mémoire courte. Et d’un autre côté, tout le monde le savait que cette hausse du prix de l’essence arriverait. Les gens ne sont donc pas surpris.»
En résumé, les consommateurs aiment se plaindre, mais ne changent pas pour autant leurs habitudes. « Ils ne sont pas contents de payer plus cher, mais ils le font quand même. On va peut-être moins appuyer sur l’accélérateur, mais nous sommes encore loin d’opter pour le transport en commun lors de nos déplacements. Il y a encore beaucoup de travail à faire.»
