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Action-Réaction

Publié le 12 Janvier 2010
Publié le 19 Mars 2010

« Toute action entraîne une réaction opposée de force égale. » Cette traduction libre des célèbres mots d'Isaac Newton illustre très bien l'évolution des mesures de sécurité discutées et entreprises un peu partout dans le monde. C'est ainsi que l'attentat contre le vol Amsterdam-Détroit du 25 décembre dernier a vivement réanimé les débats sur la sécurité dans les aéroports.

Sujets :
Union européenne , Canada , États-Unis

Alors que le débat s'intensifie, surtout au sein de l'Union européenne, le Canada a annoncé la mise en place de nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports canadiens, notamment à l'aéroport Montréal-Trudeau. Ces nouvelles mesures sont triples, soit l'implantation de scanneurs corporels, une interdiction du bagage à main dans la cabine pour les vols à destination des États-Unis et un programme de formation pour les agents de sécurité afin de les aider à déceler les comportements suspects dans les aéroports. Cette dernière, qui consiste essentiellement en une formation en « langage non verbal », est fondamentale. Je suis même surpris que ce ne soit pas déjà une réalité. Et en cela réside un premier problème, le fait que l'on soit davantage réactif plutôt que proactif.

Les scanneurs corporels sont de loin la mesure la plus controversée. L'opposition majeure invoquée contre ces dispositifs est la perte de liberté. Mais de quelle liberté? Cet argument ne tient pas debout. Quel droit nous est retiré? Que pourrons-nous plus faire que nous faisions avant? Rien du tout. Certains diront le droit de voyager librement et sans vérification. Eh bien, je suis désolé de vous annoncer que nous avons hypothéqué ce droit il y a longtemps, lorsque la sécurité des passagers est devenue une priorité, et avec raison. Je ne dis pas que n'importe quelle mesure devrait être implantée et que nous devrions donner carte blanche au gouvernement pour faire ce qu'il veut, mais la sécurité aéroportuaire est un enjeu non négligeable de taille. Les questions éthiques entourant les scanneurs corporels doivent être adressées et un protocole réfléchi doit être élaboré afin de s'assurer que l'utilisation de ces scanneurs se fait dans le respect du plus grand nombre. Mais je vois en cette mesure la possibilité pour une valeur ajoutée à la sécurité.

Cela dit, est-ce la seule et meilleure manière? Certainement pas. Nous sommes encore dans la phase réactive de l'attentat, et cette phase ne suffira sûrement pas par elle-même, car les autorités sont « pressées » d'implanter de nouvelles mesures. La vraie question se formule plutôt comme suit : allons-nous attendre le prochain incident pour réagir, ou allons-nous trouver des solutions intelligentes et complètes en matière de prévention?

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