L’artiste multidisciplinaire Armand Vaillancourt étendait de grandes toiles un peu partout dans les locaux du Centre de réadaptation Gabrielle-Major, situé sur le boulevard Pie-IX. Avec empressement, il avait accepté, quelques semaines plus tôt, l’offre de créer trois œuvres collectives avec l’aide d’une vingtaine d’artistes ayant une déficience intellectuelle. « Chez les gens que l'on dit “normaux”, on retrouve toujours de gros ego, explique M. Vaillancourt. Mais quand on travaille avec des gens atteints d’une déficience, il n’y a pas de barrière artistique. On peut créer sans avoir peur d’être jugé par le regard des autres. La simplicité et la pureté de ces artistes devraient être prises en exemple par tous les créateurs du monde. »
Ne sachant pas encore comment se déroulerait cette activité de création, l’artiste ne doutait pas du résultat final. « J’ai déjà fait ce type d’activité avec des gens ayant une déficience intellectuelle, il y a quelques années, et ce fut l’une des plus belles œuvres que j’ai réalisées dans ma longue carrière. Et tu sais pourquoi ? Parce que la création fut instinctive. C’est l’instinct qui fait la force d’une œuvre. Et aussi la folie. Alors, eux et moi, on devrait très bien s’entendre », dit en riant M. Vaillancourt.
La vingtaine de participants semblaient excités à l’idée de participer à ce genre d’activité, eux qui se définissent comme des artistes à part entière.
« Je ne sais pas ce qu’Armand veut que l’on fasse, mais je n’ai pas peur. Ce sera une belle surprise. De toute façon, je suis un artiste et j’ai déjà fait de la peinture avant aujourd’hui », laisse entendre James, le porte-parole du groupe.
L’initiative de cette journée de création revient aux organismes La Gang à Rambrou et au Parrainage civique les Marroniers. Ce dernier mise sur la création de jumelages entre des citoyens bénévoles et des personnes ayant une déficience intellectuelle pour améliorer la qualité de vie de ces dernières et briser leur isolement. « On aimerait augmenter le nombre d’activités de ce genre, laisse savoir David Desmarais, agent d’intégration de l’organisme. On voudrait aussi pouvoir offrir du théâtre, du chant et de la danse. Le but étant de développer le réseau social de nos membres. »


