« C’est une super bonne école qui donne un enseignement en anglais et en français de grande qualité. Les jeunes qui sortent de Nesbitt sont bilingues. Il y a là un programme qui est de renommée et qui a un énorme succès, principalement auprès de la clientèle anglophone », dit Jean-François Desmarais, un père qui utilise les services de l’établissement pour ses enfants.
C’est d’ailleurs sur ce point que misent les parents pour la défense de l’école Nesbitt. « Si on envoie nos jeunes dans des écoles anglophones, c’est parce qu’on veut qu’ils soient bilingues, laisse entendre Julie Barlow, mère de deux enfants fréquentant l’endroit. Il y a de moins en moins de parents qui ne veulent pas que leurs enfants apprennent le français. À Nesbitt, les élèves de familles anglophones en sorte bilingues, tout comme les étudiants venant d’un milieu plus francophone. C’est une bonne école, qui a un programme d’immersion vieux de 30 ans. Ça paraît dans les résultats des enfants. »
La CSEM justifie le scénario de fermeture d’écoles par une baisse marquée de la clientèle qui fréquente ses établissements. « On a perdu plus de 6000 élèves depuis 10 ans. À l’école Nesbitt, on est passé de près de 1000 élèves à 400 en quelques années. Sur l’ensemble du territoire, on va encore en perdre (des étudiants) dans les prochaines années. On a un problème démographique qui joue contre nous, de même que la loi 104 », souligne le porte-parole de la CSEM, Michael Cohen. « Cependant, poursuit-il, nous n’avons pas encore pris de décision finale quant à savoir quelle école fermera ou non. Les scénarios sont sur la table et chaque établissement fera, d’ici décembre, sa présentation devant les commissaires. On prendra la décision en janvier 2012. »
Mobilisation
Les parents, de même que le conseil d’établissement de l’école Nesbitt, travailleront donc des les prochains mois sur un plan de préservation de l’institut de la 8e avenue.
« Il faut mettre de l’avant les avantages de notre école, prouver la viabilité de l’endroit, proposer des scénarios incluant Nesbitt… C’est une jobde vente qu’on a à faire », informe un parent.
Effet pervers de l’annonce possible de la fermeture de Nesbitt : la période d’inscriptions des nouveaux élèves pour l’automne prochain pourrait être difficile auprès des parents anglophones. « Les gens vont y penser deux fois avant d’envoyer leurs enfants dans une école qui pourrait fermer dans un an. Notre but est donc, dans les prochaines semaines, d’augmenter le nombre d’inscriptions de nouveaux élèves, prouvant ainsi que Nesbitt est viable. Puis, à l’automne, il faudra faire un feu d’artifice, médiatiquement parlant, pour ne pas être oublié. On a déjà des idées », signale M. Desmarais.
- Pour en savoir plus sur le combat mené par les parents : www.savenesbitt.wordpress.com.
