Nous avons reçu la nouvelle comme une claque dans la face: le quartier Rosemont limitait à 3 le nombre de chats par logement et tant qu’à faire, le règlement interdisait aussi de nourrir les chats errants.
Règlement stupide s’il en est et interventionniste en plus. Si le chat est un bien, selon le Code civil, en quoi une municipalité se mêle-t-elle de limiter le droit à la propriété. Pour se donner une autre excuse pour entrer dans les résidences? Pour que les inspecteurs puissent jouer au petit boss? Ou pour donner des chats au Berger Blanc pour les revendre dans les laboratoires?
L’expérience a démontré que ce genre de règlement en plus d’être d’une grande cruauté, ne réglera en rien le problème des chats errants mais ne fera que punir les âmes charitables qui avaient pris chez elle ces petits abandonnés. De plus, le fait d’interdire de nourrir les chats errants va directement à l’encontre du Code criminel canadien qui défend de faire souffrir sciemment un animal. Les chats abandonnés l’ont été par des humains et ils seront sauvés par des humains. Plutôt enfreindre un règlement municipal que le Code criminel, à mon avis.
Il est tout à fait irrationnel et inefficace de se doter d’un tel règlement sans donner aux contribuables les outils pour s’y conformer. Des cliniques de stérilisation à prix modiques pourraient éviter toute cette souffrance et surtout, limiter le nombre d’abandons. Parlant d’abandon, nous demeurons convaincues que ce règlement aura seulement pour effet de punir les propriétaires responsables en les obligeant à faire euthanasier le 4e chat (mais lequel est le 4e? Comment choisir?), alors que les irresponsables vont abandonner dans la rue les chatons qu’ils ont produits pour ne pas être au-delà de la limite.
Raisonnement de fonctionnaires s’il en est. Ces élus et fonctionnaires qui se pensent si fins n’ont pas réalisé qu’un tel règlement est difficile d’application, à moins de faire du porte à porte. Ce n’est pas comme pour les chiens, un chat dans une garde-robe ne fait pas de bruit. Alors comment savoir? De plus, la ville n’a pas les moyens d’appliquer ce règlement. Les policiers ne veulent même pas s’occuper des vols de chats. Alors la seule conséquence sera de la discrimination à l’endroit des amies des animaux qui ont laissé parlé leur cœur et essaient d’éviter de la souffrance aux abandonnés en les prenant chez elles. L’autre aspect de ce règlement qui me dérange beaucoup, c’est la façon sournoise de le passer sans en aviser la population et sans consultation. La seule promesse que je puisse faire aux chats de Montréal c’est que je ne les laisserai pas tomber. À la guerre comme à la guerre! Il faut absolument changer les mentalités au Québec en commençant par penser « protection des animaux » plutôt que « contrôle des animaux et de leurs maîtres ».
Janine Larose
Fondatrice Réseau pour animaux perdus et trouvés
www.rapt-lfpn.org
Trois chats par logement dans Rosemont
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