Une réflexion s'impose. «Il faut prendre acte du résultat du 26 mars et entamer une réflexion, concède Nicolas Girard. Je considère que le parti doit prioritairement ouvrir le débat sur la question identitaire.» (Photo: Régent Gosselin)
Rappel à l’ordre
Le Parti québécois ne doit pas régler ses comptes sur la place publique, clame Nicolas Girard. Au contraire, l'organisation politique doit se serrer les coudes afin de traverser cette «période de turbulence» qui secoue la formation depuis les résultats du scrutin du 26 mars.
D'ailleurs, Nicolas Girard apporte un soutien indéfectible à son chef. Mal lui en prit? «Ri>Le Devoir<@$p> du 4 mai rapportait les propos acerbes d'André Beaulieu, président de l'association péquiste de la circonscription de Saint-Laurent. Ce dernier a égratigné le jeune député de Gouin en affirmant qu’André Boisclair avait opéré un virage à gauche en fin de campagne afin d’aider son «bras droit» à battre Françoise David de Québec solidaire. Une tactique qui aurait «scrapé le 450», Joliette, Trois-Rivières et la région de Québec, a rapporté le quotidien.
Interrogé avant la démission d'André Boisclair, Nicolas Girard estimait que ce dernier était toujours l’homme de la situation. «Il a pris [les rênes] de la formation et défendu le programme du parti et l’a porté jusqu’au bout.» Et c’est peut-être là que le bât blesse, laisse tomber Nicolas Girard.
Pas de chicane
Toute cette agitation au sein du PQ exaspère le député de Gouin. «Il y a des lieux pour cela. Dans mon organisation, nous avons fait le post mortem de la campagne et nous nous sommes dit les vraies choses. Mais de grâce, cessons de nous disputer sur la place publique.»
Les Québécois sont fatigués des disputes, une des marques de commerce du PQ. «C’est ce que me disent les gens dans le quartier. Nous sommes maintenant 36 députés. Nous sommes les porte-parole de ces citoyens qui ont voté pour nous et nous devons faire le travail pour lequel nous avons été élus.»
«Ce qui prime c’est l’intérêt et les objectifs du parti. Il faut mettre de côté les égos: plus de 1,1 million de personnes nous ont accordé leur confiance.»
Microclimat
Nicolas Girard a reconquis son comté avec plus de 3000 voix sur Françoise David de Québec solidaire. C’est aussi dans Gouin que le Parti libéral a essuyé son plus bas score avec 18 % des suffrages, ce qui fait de Gouin «un microclimat» dans la nouvelle carte géopolitique, reconnaît M. Girard.
Sa position est confortable… pour l’instant. Lors de son discours de victoire, il avait tendu la main à Françoise David, sa plus proche rivale.
Une invitation qu’elle a catégoriquement refusée. Le député de Gouin se dit déçu de cette porte fermée. Les deux formations ont des valeurs proches parentes et toutes deux tireraient avantages à se rallier devant la menace adéquiste. «Il faut être réaliste. Il est évident que pour Mario Dumont, la prochaine cible sera Montréal» et Gouin ne sera pas à l’abri, argue-t-il.
Ménage à trois
Nicolas Girard a repris le collier dans ses locaux de la rue Beaubien. Si les finances du PQ sont plutôt mal en point, ce n’est pas le cas du député de Gouin puisque les 125 bureaux de comté de la province bénéficient tous du même budget de fonctionnement. Ce qui est moins certain, c’est le poids que lui et ses collègues du PQ auront maintenant à l’Assemblée nationale dans ce nouveau ménage à trois.
«De grâce, cessons de nous disputer sur la place publique.» @CSi:Nicolas Girard.