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Journal de Rosemont / Petite-Patrie
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Détache-moi

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 10 mai 2007 à 11:52
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Anne-Rose Gorroz est urbaniste à la Ville de Montréal. (Photo: Éric Carrière)
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À l'heure des rencontres instantanées sur Internet, les rapports entre les hommes et les femmes n'ont jamais été aussi compliqués. C'est ce que suggère Anne-Rose Gorroz dans son premier roman, qui nous convie à un huis clos intrigant. Entre la narratrice et son amant se dressent des objets: liens, cordes, chaînes. Il s'attache et veut qu'elle le détache. Par amour, elle prend le risque de pénétrer dans un monde qu'elle ne connaît pas, au risque de s'y perdre.
Avant de se lancer dans le sujet tabou du travestissement et du «bondage», Anne-Rose Gorroz s'est abondamment documentée sur Internet. Elle a également recueilli les témoignages de deux hommes qui s'adonnent à ces pratiques. «Je les ai trouvés très seuls dans leur souffrance. C'est une dépendance très émotive, qui touche à l'identité», déclare-t-elle. Elle a voulu reproduire dans L'Homme ligoté cette impossibilité d'entrer en contact, de communiquer avec l'autre.

D'emblée, il faut préciser que le roman n'est pas un livre sur le sadomasochisme. Les lecteurs en quête de sensationnalisme seront donc déçus. L'auteur a plutôt choisi ce prétexte pour dresser un huis clos et aborder le thème de rapports fous entre deux personnages, dans une unité de lieu et de temps.

La narratrice rencontre sur Internet un homme dont elle tombe rapidement amoureuse. À la passion se mêle l'interrogation lorsque celui-ci émet des demandes pour le moins inhabituelles. Invitée à pénétrer cet univers étrange et inquiétant, elle joue le jeu et se prête aux mises en scène les plus macabres de son amant, jusqu'à la scène libératrice finale.
Un homme ordinaire
«J'ai voulu explorer comment quelqu'un pouvait prendre des risques pour atteindre l'autre. Mais toujours, entre eux, il y a les objets. Le premier, l'écran d'ordinateur, puis tous les autres qui servent à la réalisation du fantasme de l'homme», explique l'auteur.
Une manière symbolique d'illustrer la complexité des rapports entre les hommes et les femmes. «Peu d'hommes osent prendre l'initiative d'une relation. Ils sont figés par la culpabilité et la peur. Ils mettent un tas de choses entre eux et la femme, comme le non-regard, la non-initiative, ou encore les ordinateurs», estime la romancière.

:Originaire de Carcassonne, dans le sud de la France, Anne-Rose Gorroz vit au Québec depuis 25 ans. Résidante de Rosemont, cette urbaniste à la Ville de Montréal a publié plusieurs nouvelles en France. Ce roman, écrit il y a deux ans, a tout de suite intéressé les éditions du Boréal. Dans son prochain roman, l'auteur veut aborder le thème du vieillissement chez la femme. «On peut écrire sur tout sans que ce soit vulgaire», considère-t-elle.

(Photo: Éric Carrière)

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