Alan DeSousa, responsable du développement durable et économique au comité exécutif, croit que l’atteinte de l’objectif de récupération et de mise en valeur des matières recyclables, fixé à 60 % pour 2008, est inatteignable. (Photo: Jacques Pharand)
Couleur Bazar: un magazine pour inciter les Montréalais à réduire leurs déchets
Selon la Ville, les 3RV (réduction, réemploi, recyclage et valorisation des matières) évitent la surconsommation et le gaspillage
Vous hésitez avant de jeter les piles usées de votre télécommande? Vous ne savez quoi faire de votre vieux frigo qui a rendu l’âme cet hiver? Ou encore, vous ne savez pas à quel saint vous vouer pour vous débarrasser de multiples objets qui pourraient être réutilisés ?
Depuis mardi, les Montréalais disposent d’un outil contenant quelque 450 adresses, le magazine
Couleur Bazar, aussi en ligne
www.ville.montreal.qc.ca lequel vise à inciter les Montréalais à réduire l’enfouissement et à protéger l’environnement. Le coloré document de 48 pages, édité par la Ville et les Éditions Ruffec, est disponible gratuitement dans les bureaux Accès-Montréal et les éco-quartiers. Il sera renouvelé une fois l’an dans sa version imprimée et constamment mis à jour sur Internet.
La stratégie des « 3RV »
Couleur Bazar contient une foule de renseignements et de trucs afin de pratiquer une saine gestion des matières résiduelles, soit la [R]éduction à la source, le [R]éemploi, le [R]ecyclage et la [V]alorisation des matières, les 3RV.
En marge du lancement, mardi matin, au LocoShop Angus, un édifice recyclé qui abrite aujourd’hui plusieurs entreprises d’économie sociale, Alan DeSousa, responsable du développement durable et économique au comité exécutif, a soutenu que l’atteinte de l’objectif de récupération et de mise en valeur des matières recyclables, fixé à 60 % pour 2008, est inatteignable.
« Je ne vois pas ça d’une façon réaliste, [l’objectif] de 60 % et, en même temps, on est nous, comme administration, engagé pour mettre en place toutes les mesures nécessaires pour permettre aux citoyens d’embarquer », indique M. DeSousa. Ce dernier blâme Québec pour les années d’incertitude associées aux fusions et défusions municipales, des années qui ont causé des retards du côté de Montréal.
Nouvelles initiatives
Mais M. DeSousa indique que Couleur Bazar et d’autres initiatives vont permettre à la Ville de s’approcher de l’objectif ou de l’atteindre avec quelques années de retard. En 2004, le taux de recyclage s’élevait à 34 % à Montréal, près de la moitié moins que la cible gouvernementale fixée en 2000.
« Quelque 72 000 logements ont été ajoutés au recyclage, c’est considérable. D’ici la fin de l’année, tous les Montréalais vont avoir accès au recyclage. Pour la première fois, on va avoir un service mur à mur. En même temps, notre plan du développement durable que nous allons annoncer bientôt va nous permettre de continuer à avancer », précise M. DeSousa, avant d’ajouter que les 63 casernes de pompiers de l’île recyclent maintenant les piles usées et les téléphones cellulaires. « Les gens ne sont pas encore conscients que ce service existe, car il y a toujours un [délai] entre l’offre d’un service et son appropriation par le plus grand nombre possible de citoyens », dit-il.
Pour lui, il demeure vital que les citoyens emboîtent le pas aux initiatives mises de l’avant tant par le secteur public que par le privé. « Je pense que si nous sommes capables de donner toutes les informations aux gens, nous sommes persuadés que les citoyens vont embarquer. »
Le but du magazine et du site Internet Couleur Bazar, « c’est aussi de mettre les gens en contact avec l’économie sociale, avec les entreprises de leur quartier qui sont capables de réutiliser une foule de matériaux et de leur redonner une deuxième vie, que ce soit dans le domaine du bois, du textile ou des métaux. Les uniformes des employés de la Ville, par exemple, sont maintenant réutilisés pour faire des sacs écolos qui permettent de ne pas faire son épicerie avec des sacs en plastique. »
Besoin de nouvelles infrastructures régionales
Alan DeSousa mentionne que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), notamment son comité de l’environnement, élabore présentement une stratégie régionale de gestion des déchets et des matières résiduelles.
« Nous, à la Ville, on a déjà indiqué que nous aurons besoin de certaines infrastructures régionales, entre autres, un centre de tri, un centre de transbordement et des éco-quartiers. Est-ce qu’on continue avec les sites d’enfouissement ou est-ce qu’il y a d’autres façons de faire ? Pour le moment, on a tellement de travail à faire que ce n’est pas notre premier objectif. » M. DeSousa demeure peu loquace en ce qui concerne la construction possible d’un incinérateur sur l’île et en réfère à la CMM.
Beaucoup de boulot selon Recyc-Québec
Robert Lemieux, le président directeur-général de Recyc-Québec, croit que l’administration Tremblay-Zampino a encore beaucoup de boulot devant elle.
« À Montréal, on a un vrai défi au niveau des matières organiques et du compostage. Ça implique des changements d’habitude importants au niveau des consommateurs. Ça devrait commencer en 2008, alors que dans d’autres villes, c’est déjà entamé. »
À son avis, il faudra davantage communiquer avec la population et, surtout, adopter des approches ou des outils faciles à utiliser. « Le multilogement, ici à Montréal, va demander des équipements pratiquement à chaque bâtiment. Il va falloir avancer prudemment si on veut que ça fonctionne. »
(Photo: gracieuseté)