La station d'épuration fait sa part contre le phosphore
À la station d'épuration de Montréal, on applaudit la démarche du député de Rosemont–La Petite-Patrie visant l'éradication du phosphate dans les savons pour le lave-vaisselle. Moins on en reçoit, moins on en a à traiter, pourrait-on résumer.
Cependant, Richard Fontaine, directeur de la Direction de l'épuration des eaux usées de Montréal, tient à corriger le tir. «On retire déjà au minimum 75% des phosphores des eaux usées de la métropole, a-t-il précisé. Je préférais que ce soit 100% mais il demeure que l'on n'en rejette que 25 %.»
«Là où je rejoins Bernard Bigras, c'est dans sa démarche pour éliminer cette pollution à la source, a-t-il poursuivi. Mais il est faux de dire que nous sommes un pollueur. On n'est pas une industrie: ici, on ne produit pas de l'acier, par exemple.»
Montréal a fait du chemin si on pense qu'il y a à peine 20 ans, on rejetait la totalité des eaux usées de l'Île directement dans le fleuve Saint-Laurent et dans la rivière des Prairies. Depuis 1996, pratiquement toutes les eaux usées de l'île de Montréal – à l'exception de celles des raffineries de pétrole qui possèdent leurs propres systèmes d'assainissement – aboutissent à la station d'épuration de Rivière-des-Prairies.
«Actuellement, c'est minimalement 800 tonnes de matière en suspension dans l'eau que l'usine retient quotidiennement», a expliqué le responsable. Une performance appelée à s'améliorer d'ici trois ans, notamment grâce à l'utilisation de nouveaux procédés plus performants qui sont présentement au banc d'essai, a dévoilé M. Fontaine.