Le programme d'entraînement en vue de la course à pied à relais Montréal-Québec prévoit la pratique de sports d'équipe. Rien de tel pour souder le groupe.
(Photo courtoisie)
Le sport pour retrouver son équilibre
La coopérative DesÉquilibres s'affaire à compléter l'équipe d'une vingtaine de jeunes de 16 et 17 ans pour son projet Action Prévention Sport. Le point culminant du projet? Une course à pied à relais de 250 kilomètres prévue à l'automne alors que les jeunes franchiront la distance Montréal-Québec. L'aventure vous tente?
«Un seul prérequis: que le jeune soit motivé», indique le président directeur général de DesÉquilibres, Luc Parlavecchio, un sportif de haut niveau en rugby qui a été intervenant jeunesse pendant plusieurs années. «Pas besoin d'être un sportif. On prend le jeune où il est.»
«Et c'est gratuit», souligne-t-il. Tout ce que les jeunes doivent fournir, c'est une paire de souliers de course. Et encore, il y a toujours moyen de s'arranger, note M. Parlavecchio.
La coopérative de solidarité DesÉquilibres existe depuis un an. On travaille principalement avec des jeunes de 16 à 21 ans «en rupture avec leur milieu», des jeunes qui peuvent vivre différents problèmes – toxicomanie, santé mentale, décrochage scolaire, gang de rue –, explique celui qui a initié la création de la coopérative.
L'outil d'intervention? Le sport. On mise en effet sur des défis sportifs intenses comme outil de développement. À travers le défi qu'il relève, le jeune apprend à découvrir et développer son potentiel sur le plan physique, psychologique et social. Le message qu'il en retire : «Ce n'est pas vrai que tu es un bon à rien. Tu as du potentiel!», indique M. Parlavecchio.
On a déjà organisé, entre autres, des courses à relais Montréal-Mistassini et Baie-Comeau-Natashquan.
Alors que l'utilisation du sport comme outil de réinsertion et de développement est peu répandue ici, l'approche a fait ses preuves depuis déjà plusieurs années en Europe, souligne Luc Parlavecchio. «Ç'a été éprouvé.»
«On travaille en collaboration avec d'autres ressources. C'est très important pour nous», signale le pdg de la coopérative. Les jeunes accueillis chez DesÉquilibres peuvent être référés par des centres jeunesse, des CLSC, des organismes qui travaillent à la prévention du décrochage scolaire, des maisons de jeunes, etc.
Avec le projet Action Prévention Sport, on s'adresse aux jeunes qui ne vivent pas une crise, mais qui sont dans une dynamique de recherche de solutions. La porte est également ouverte aux jeunes «sans problème», ajoute M. Parlavecchio; un mélange pas mauvais du tout pour la dynamique de groupe, a-t-il pu observer.
Le sport comme outil de développement, donc, mais proposé sous forme de défis. Afficher dans une maison de jeunes une invitation du type «Tu veux courir trois fois par semaine ?», ça ne fonctionne pas, a constaté Luc Parlavecchio. Tout le contraire si on punaise au babillard le message «Tu veux courir Montréal-Québec ?». La feuille d'inscription se remplit en une soirée. «Ce qui va stimuler le jeune, c'est la notion de rêve, de défi, explique M. Parlavecchio. Il rêve de faire quelque chose que peu de personne ont réalisé.»
La participation aux défis organisés par le passé: moitié filles, moitié garçons. «50 à 60 % des jeunes vont au bout du projet», signale Luc Parlavecchio. Un suivi mené auprès des jeunes que l'on a pu retracer après un certain temps révèle que la moitié est retournée aux études alors qu'environ 30% ont pris la direction du marché du travail. Ça donne des résultats.
La démarche du projet Action Prévention Sport est rigoureuse. «On offre un programme structuré», note Luc Parlavecchio. Avant de prendre le départ de la course Montréal-Québec, les participants, qui devront signer un contrat d'engagement, auront des entraînements hebdomadaires pendant une vingtaine de semaines. Ils participeront à deux défis initiatiques : une sortie en vélo de 100 km en deux jours et une marche de nuit de 25 km.
La pratique de sports collectifs favorisera quant à elle le développement de la solidarité, du respect et de l'esprit d'équipe, un élément essentiel qui renforce la motivation des jeunes, a remarqué M. Parlavecchio. Le rôle de chacun est important dans une course à relais. On y songe à deux fois avant de s'écraser et laisser tomber. C'est celui qui nous attend et tout le groupe qu'on laisse tomber, rappelle Luc Parlavecchio. «Si je n'apporte pas le mousqueton (utilisé en guise de témoin), celui qui m'attend dans dix kilomètres ne courra pas.»
Les jeunes auront également droit à des formations axées sur les saines habitudes de vie et le développement durable, DesÉquilibres s'étant donné une politique en cette matière. On prône en effet la réduction des déchets et une alimentation biologique.
Pour plus d'information sur le projet Action Prévention Sport, on contacte Luc Parlavecchio au 514-509 0838.