Les projets Coteau vert et Un toit pour tous devraient se concrétiser au printemps 2008.
(Photo:Courtoisie)
Le logement social du futur verra le jour dans La Petite-Patrie
Projet-pilote avec la Société d'habitation du Québec
Bientôt, logement abordable rimera avec durable. La Société d'habitation du Québec s'apprête en effet à inclure des normes vertes dans les projets de logement abordable qu'elle finance. Le site des anciens ateliers municipaux, dans Rosemont-La Petite-Patrie, servira de banc d'essai à l'échelle de la province.
L'entente de partenariat vient d'être conclue entre la Société d'habitation du Québec et L'ŒUF - L'Office de l'éclectisme urbain et fonctionnel - le cabinet d'architectes qui réalisera les quelque 150 logements abordables sur le site. La SHQ apportera son aide financière et suivra de près le processus en vue d'inclure à terme une composante durable dans tous les programmes de logement abordable subventionnés par le gouvernement, tels Accès Logis et Logement abordable Québec.
«Les programmes de base en logement social ne laissent pas assez d'argent pour construire durable. Souvent, les bâtiments ne sont pas assez étanches. Les coûts d'énergie augmentent au fil des ans. Au bout d'une dizaine d'années, plusieurs sont des nids à problèmes. Finalement, les logements qui devraient être abordables le sont de moins en moins», indique Daniel Pearl, un des fondateurs de L'ŒUF.
Construire vert coûte plus cher, et les projets communautaires ont souvent déjà de la peine à boucler leur budget. Un coup de pouce de l'État et du privé s'avère donc indispensable. «Il faut normaliser les projets de logements sociaux vers une dimension verte. Et cet aspect doit être reconnu dès l'étape du montage financier, de façon à absorber les surcoûts sans que les locataires en fassent les frais. Les résidants ne doivent pas être des cobayes», souligne Yann Omer-Cassin, responsable du dossier à Bâtir son quartier.
Mesures progressives
Le projet des Ateliers municipaux permettra d'ouvrir la porte à une nouvelle manière de construire, plus durable et abordable. Il reste toutefois à déterminer avec les organismes communautaires en place quels seront les éléments verts à privilégier en fonction des coûts. «On veut faire 100% mieux que Benny Farm, mais pas forcément au début», précise M. Pearl. La recette: introduire des mesures durables, mais progressivement.
Les architectes mettront de l'avant en priorité des initiatives relativement simples et peu coûteuses: Orientation du bâtiment, mesures d'efficacité énergétique, diminution de la consommation d'eau, recyclage de la chaleur. «Certaines mesures, qui pourront venir plus tard, doivent être cependant prévues dès l'élaboration des plans, comme des toits verts, qui demandent une structure adéquate, ou encore la géothermie», signale M. Omer-Cassin
Opérer un projet vert
Les architectes de L'ŒUF ont commencé à travailler il y a cinq ans avec la coopérative Coteau vert et l'OBNL Un toit pour tous. Ils s'inspireront des leçons tirées d'une autre de leurs réalisations, le projet Benny Farm, un modèle en matière de développement durable.
«On constate que ce n'est pas évident pour les résidants d'opérer un projet vert. Ils n'ont pas toujours les ressources et les capacités pour le faire. Il faut donc s'assurer qu'ils soient bien encadrés», constate M. Pearl. Il y a en effet beaucoup d'aspects à gérer dans un projet de logement communautaire durable, des racks à vélo en passant par les espaces communs à la maintenance des équipements électromécaniques.
Mais les groupes communautaires disposent de plusieurs atouts pour y parvenir. «Pour une coopérative, c'est l'implication des membres qui fait la différence. Dans le cas d'une OBNL, le conseil d'administration doit mandater des ressources externes pour le suivi et l'entretien», indique M. Omer-Cassin. Outre l'appui de la SHQ, le projet bénéficiera aussi du soutien de Gaz Métro et d'Hydro-Québec.
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