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Ventre affamé n'a pas d'oreille

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 28 août 2007 à 10:41
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Ventre affamé n'a pas d'oreille
«Dans certains quartiers, la situation reste stable. Dans d'autres, elle se détériore», résume la présidente de la CSDM, Diane de Courcy. (Photo: Jacques Pharand)
Ventre affamé n'a pas d'oreille
Près de 75 000 jeunes viennent de reprendre le chemin des quelque 200 établissements de la Commission scolaire de Montréal. Or, durant l'année, plus d'un élève sur trois ira à l'école le ventre vide. Des chiffres qui préoccupent Diane de Courcy, présidente de la CSDM.
C'est la 8e campagne Nourrir un enfant. L'insécurité alimentaire est une réalité bien présente dans de nombreuses écoles de Montréal. Côté chiffres: plus de 237 000 enfants québécois, soit un enfant sur six est victime de la pauvreté, une proportion qui grimpe à près de un sur trois à Montréal. La CSDM estime, quant à elle, à 28 000 (36 %) le nombre d'enfants n'ayant pas le strict minimum.

«Dans certains quartiers, la situation reste stable. Dans d'autres, elle se détériore», résume Mme De Courcy. Constat inquiétant: l'insécurité alimentaire étend ses tentacules à de nouvelles couches de la population. «Cela ne concerne plus uniquement les familles sur l'aide sociale. On voit de plus en plus de travailleurs à petit salaire touchés. Tout devient plus cher. Les fins de mois sont de plus en plus difficiles. On rogne sur l'alimentation. Souvent, pour arriver, on saute le repas du soir.»

Le problème, en général associé aux jeunes enfants du primaire, frappe aussi de plein fouet les ados, les grands oubliés. «Ce sont souvent les mal-aimés, on s'en occupe moins. Au primaire, il existe des ressources, mais au secondaire, on a plus de difficultés à les aider», reconnaît la présidente de la CSDM.
Décrochage scolaire
Les jeunes qui arrivent à l'école le ventre vide, ou encore avec une boîte à lunch minimaliste, ont de la difficulté à se concentrer sur le programme scolaire, d'où des difficultés d'apprentissage, des échecs et un risque élevé de décrochage scolaire. Ils se sentent également à l'écart du groupe et ont tendance à s'exclure de toute vie sociale.
Les études démontrent clairement qu'ils accusent un retard sur les plans physique et psychologique. Le niveau de stress plus élevé qui les caractérise affecte leur système immunitaire, leur cerveau et leurs capacités de développement en général.
Prévention et éducation
La campagne Nourrir un enfant, instaurée par les Œuvres du Cardinal Léger, vise à recueillir 300 000$ pour sa 8e édition, un montant qui sera redistribué en totalité à des organismes dans toute la province. Objectif: aller plus loin que le dépannage alimentaire en développant la prévention et l'éducation, par exemple en montrant comment préparer des collations à partir de recettes simples, ou en apprenant aux jeunes et à leur famille à cuisiner.
Jusqu'au 29 septembre, on peut effectuer des dons dans les épiceries Metro ainsi que dans les Super C. On peut également s'adresser à Nourrir un enfant, au 130, avenue de l'Épée, Outremont (Québec) H2V 3T2. Tél.: 1 87 PAUVRETÉ (1 877 288-7383). Dons en ligne au www.leger.org

(Photo: Jacques Pharand)

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