On ne célèbre plus de mariage ni de baptême à l'église Saint-Marc, mais on peut toujours payer une messe.
(Photo: Éric Carrière)
L'église Saint-Marc et son patrimoine, à vendre?
L'église Saint-Marc n'est pas à vendre, du moins pas encore. Le sort du bâtiment de la rue Beaubien n'est pas scellé, contrairement à l'impression que l'on pourrait avoir à la lecture de l'article L'église Saint-Marc-de-Rosemont et son patrimoine à vendre, paru le 29 août dans le Devoir.
Cet article a d'ailleurs surpris les élus de Rosemont–La Petite-Patrie et fait réagir le diocèse de Montréal. Pour l'heure, la vente de l'église, comme le démantèlement de son orgue Casavan, – un bijou dans le genre si on en croit Renald Tremblay, organiste qui a accordé l'entrevue à la journaliste du Devoir – ne sont qu'une enfilade d'hypothèses, a confirmé monseigneur Pierre Blanchard, administrateur de Saint-Marc. «Saint-Marc ne figure pas sur la liste des églises à vendre», a-t-il tranché, en entrevue téléphonique.
L'article contient d'ailleurs «plusieurs faussetés», a-t-il enchaîné. «Les marguilliers n'ont pas démissionné, a-t-il souligné, puisque nous avons prévu une rencontre la semaine prochaine.»
Certes, la situation financière de Saint-Marc n'est pas reluisante, ce qui en soi, n'est pas une nouvelle dans l'arrondissement. «Il y a deux ans, les paroissiens ont décidé de ne pas faire un emprunt de 800 000 $ pour les réfections», a rappelé Mgr Blanchard. Ce refus était l'un des facteurs qui marquait le début de la fin pour l'église. Le curé Michel Lafleur a quitté ses fonctions il y a presqu'un an. Un prêtre vient cependant célébrer la messe en semaine et celle du dimanche. «On ne fait plus de mariage ni de baptême, mais on peut toujours payer une messe», a indiqué la dame qui continue d'assurer un service téléphonique aux paroissiens.
Saint-Marc, une première dans le diocèse
Au printemps dernier, une entente a été signée avec Québec pour que les municipalités et les villes puissent avoir un droit de premier refus lors de la vente d'une église. En clair, avant de sortir les pancartes, la localité peut décider de se porter acquéreur du bâtiment, en autant que la proposition soit acceptable du point de vue de l'Église et qu'on soit prêt à payer ce qu'il faut: couvrir minimalement la valeur des rénovations de Saint-Marc, a donné en exemple Mgr Blanchard.
D'ailleurs, Saint-Marc serait l'une des premières, sinon la première église dans le diocèse de Montréal à tomber sous cette entente, a-t-il avancé.
Du côté de l'arrondissement, tout semble indiquer qu'on veuille se prévaloir de ce droit. Gilles Grondin, responsable de la culture et de l'urbanisme dans l'arrondissement, a d'ailleurs déploré avoir été mis devant le fait accompli cet été, lors de la vente de l'église de Saint-François-Solano à la communauté adventiste du 7e jour. Au diocèse, Mgr Jean-Jacques Martin a expliqué que l'entente ne s'appliquait pas dans ce cas-là puisque les pourparlers avec les Adventistes avaient débuté avant l'adoption de l'accord visant la protection du patrimoine religieux.
«Saint-Marc ne figure pas sur la liste des églises à vendre.»
Mgr Pierre Blanchard