Les ordinateurs portables pourraient éviter d'imprimer des milliers de pages lors des conseils d'arrondissement du Plateau.
(Photo: Jacques Pharand)
À chaque arrondissement son conseil !
Chaque mois, les conseils d'arrondissement permettent aux citoyens d'être en prise direct avec le processus de décision des élus localement. Tandis que certains surfent sur l'air du temps et prennent le virage des nouvelles technologies et du développement durable, d'autres cultivent la tradition. Survol de ces véritables laboratoires de la démocratie participative avec nos journalistes.
Plateau-Mont-Royal
Des élus sans papier
Dans un souci de développement durable, le conseil d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal tente d'éliminer la paperasse. Les élus testent, depuis les derniers mois, l'utilisation d'ordinateurs portatifs lors des séances du conseil. À elle seule, à l'assemblée du mois de mai, la documentation représentait une brique de plus de mille pages. Ce millier de pages multiplié par les sept élus, en plus des fonctionnaires, représente une faramineuse somme de paperasse.
En direct sur le Web
L'arrondissement du Plateau a été le premier arrondissement à diffuser les séances du conseil d'arrondissement en direct sur Internet et demeure le seul à le faire jusqu'à maintenant. On peut également visionner les séances antérieures sur le site de l'arrondissement.
Guide de bonne conduite
Afin d'assurer un bon déroulement des séances, le conseil d'arrondissement s'est doté d'un guide de bonne conduite. Ce guide, sous forme de brochure, est disponible au début de chaque séance. Il invite les personnes qui assistent à l'assemblée et celles qui se présentent à la période de questions à respecter un certain décorum…
(Photo: Jacques Pharand)
Mercier-Hochelaga-Maisonneuve
Système d'alternance pour favoriser la démocratie
Mercier – Hochelaga-Maisonneuve compte parmi les plus grands arrondissements de Montréal. Étant donné sa vaste étendue, pour favoriser la participation des citoyens à la vie démocratique, les élus ont décidé de tenir les séances du conseil d'arrondissement dans deux secteurs.
Celles-ci se déroulent donc en alternance dans Mercier, à la maison de la culture Mercier, et dans Hochelaga-Maisonneuve, à la maison de la culture Maisonneuve. La formule porte ses fruits. Mis à part les fidèles habitués des séances, qui participent peu importe le site, il n'est pas rare d'apercevoir de nouveaux visages selon l'endroit où est tenue la réunion. Lorsque ces dernières ont lieu dans Hochelaga-Maisonneuve, les questions des citoyens portent plus souvent sur ce secteur et vice-versa lorsque l'on est dans Mercier.
Toutes les séances du conseil sont enregistrées et les différents directeurs de services se font un devoir d'y assister. Lorsque les élus ont besoin de détails techniques pour expliquer un projet ou donner de plus amples informations, les directeurs sont là comme personne ressource. Ils peuvent intervenir à la demande des élus.
Cette façon de faire permet également de prendre en note toutes les doléances des citoyens et de pouvoir y répondre plus rapidement, lorsque c'est possible. Un résident qui se plaint d'une situation particulière risque de voir débarquer les inspecteurs de l'arrondissement beaucoup plus rapidement que lorsqu'il doit passer par Accès-Montréal et rejoindre les services concernés.
Rosemont-La Petite-Patrie
Mettre les livres sur la table
Lors des séances du conseil d'arrondissement, Rosemont–La Petite-Patrie reçoit les citoyens au café équitable, servi dans des tasses lavables à l'effigie d'Équiterre. Aussi, on a banni les petites bouteilles d'eau au profit des pichets remplis à partir du robinet. Côté philosophie, le message est clair.
On veut savoir où en est rendu notre dossier ou prendre connaissance des demandes de nos concitoyens? Depuis le début de l'année, on peut consulter le Suivi des requêtes des citoyens.
Toutes demandes majeures faites lors d'un CA, acheminée au bureau Accès-Montréal ou directement au maire, sont consignées dans ce registre. Une réponse du service concerné complète le dossier. Facile d'y mettre le nez: les livres sont sur la table!
C'est sans compter qu'en tout temps, le directeur de l’arrondissement, tous les directeurs de service et les commandants de police de quartier sont aussi sur place.
Rappel à l'ordre
Le CA a mis un peu de discipline dans la période de questions. En fait, on préfère dire qu'on a clarifié les règles – court préambule, suivi d'une question claire et d'une question de clarification; la période n'excède pas 60 minutes – histoire que tous les citoyens qui le désirent puissent avoir le temps de prendre la parole.
Un conseil branché
L'arrondissement s'arrime aux possibilités technologiques. Depuis le mois de mars, une présentation visuelle illustre chacun des points discutés à l’ordre du jour.
L'arrondissement invite aussi son monde via le bulletin de nouvelles du maire envoyé par courriel. Le vendredi précédant la séance, l'ordre du jour est mis en ligne sur le site Internet de l'arrondissement et les sommaires décisionnels sont envoyés aux médias. Depuis peu, un communiqué relatant les faits saillants du CA est aussi disponible sur le site de l'arrondissement dès le lendemain.
(Photo:Jacques Pharand)
Ahuntsic-Cartierville
L'Opposition au conseil
Les citoyens de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville peuvent prendre connaissance de l'ordre du jour et des dates de la tenue des séances du conseil d'arrondissement sur le site Internet de ce dernier. Certains documents d'information et de consultation, de même que le Bulletin municipal (distribué aux résidants) y sont également accessibles.
Le conseil d'arrondissement est majoritairement composé d'élus d'Union Montréal depuis la dernière campagne électorale: Marie-Andrée Beaudoin (mairesse), Jean-François St-Onge (district Sault-au-Récollet), Jocelyn Ann Campbell (district Saint-Sulpice) et Pierre Lapointe (district d'Ahuntsic), un transfuge de Vision Montréal.
Seule représentante de Vision Montréal, donc, de l'opposition, la conseillère de Bordeaux-Cartierville, Noushig Eloyan, est l'ancienne mairesse de l'arrondissement. Chef de l'Opposition officielle à la Ville de Montréal, elle mise sur son leadership pour faire avancer ou dénoncer des situations et des dossiers.
Villeray-St-Michel-Parc Extension
Grincements et déchirements
Le conseil d'arrondissement de Villeray-St-Michel-Parc Extension fait face à une situation peu commune: la mairesse, Anie Samson (Vision Montréal), est en minorité face à trois élus d'Union Montréal. L'ambiance est donc tendue. Les déchirements et grincements de dents sont plus souvent au menu qu'à leur tour. Des dossiers majeurs sont bloqués ou adoptés sans raisons évidentes.
Les élus font même bureau à part. Anie Samson et Mary Deros, membres du caucus de Vision Montréal, sont établies dans le quartier Villeray, tandis que les trois élus d'Union Montréal, Frank Venneri, Soraya Martinez et Sylvain Lachance, ont emménagé quelques kilomètres plus loin, au coeur du quartier Saint-Michel.
En 2003, Frank Venneri et Sylvain Lachance avaient quitté Pierre Bourque pour rejoindre le maire Gérald Tremblay. Soraya Martinez, a quant à elle été élue pour la première fois en novembre 2005.
Dans le Sud-Ouest, c'est la situation inverse: la mairesse Jacqueline Montpetit, minoritaire, se fait damer le pion par les trois élus de Vision Montréal.
Outremont
Fière de ses traditions
À Outremont, les séances du conseil, qui ont lieu chaque premier lundi du mois, commencent toujours de la même façon. On y fait sonner une lourde cloche avant de prononcer un court texte qui invoque le début de la séance.
Le texte, prononcé par le maire ou la personne dirigeant la séance, va comme suit :
«Nous voici assemblés pour adopter des mesures destinées à assurer la bonne administration de la ville d’Outremont et le bien-être de la population. Qu’il nous soit donné de ne désirer que ce qui est conforme à une société juste et équitable, d’agir avec prudence et de fonder nos décisions sur un savoir éclairé.»
La cloche en question provient d’un navire de guerre canadien qui se nomme le HMCS (Her Majesty’s Court Service) Outremont. Elle a été coulée en 1943 et a été prêtée sans frais par le ministère de la Défense nationale du Canada.
(Photo: Éric Carrière)