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Angus, siège social de l'insertion sociale au Québec

Lancement de la 2e Semaine des entreprises d’insertion

Louise Potvin par Louise Potvin
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Article mis en ligne le 14 octobre 2007 à 15:00
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Angus, siège social de l'insertion sociale au Québec
«En s'insérant dans un milieu réel de travail, les gens acquièrent non seulement une formation: ils construisent une meilleure estime de soi»», considère Gérald Larose. (Photo: Jacques Pharand)
Angus, siège social de l'insertion sociale au Québec
Lancement de la 2e Semaine des entreprises d’insertion
Il y a 10 ans, les penseurs d'Angus avaient, dans leur stratégie de développement des anciens terrains du Canadien Pacifique, fait une grande place à la cause sociale. Dix ans plus tard, Insertech et Part du Chef – avec son Bistro Part ici – deux entreprises en insertion sociale et professionnelle pour les 18 – 30 ans, y ont élu domicile. Ce modèle a fait ses preuves partout au Québec. Il a aujourd'hui besoin d'un solide coup de pouce pour élargir ses activités.
Du 22 au 28 octobre, près de 50 personnalités, gens du milieu communautaire, artistique et des affaires auront Du coeur à l'ouvrage, thème de la 2e Semaine des entreprises d'insertion du Québec. Des activités seront organisées à la grandeur de la province.
Gérald Larose épouse la cause
Le siège social du Collectif des entreprises d'insertion du Québec, organisateur de l'événement, se trouve juste au-dessus du Bistro Part ici.
Gérald Larose, coprésident d'honneur de la 2e Semaine, a fixé rendez-vous au Jounal de Rosemont–Petite-Patrie dans un petit coin du sympathique resto. L'ancien président de la CSN connaît l'endroit par cœur, tout comme la cause qu'il supporte. Aussi responsable de la chaire sur l'insertion économique des personnes sans emploi à l'UQAM, il siège depuis 2000, sur le conseil d'administration d'Insertech. Un des fleurons de l'insertion sociale au Québec, il va sans dire.

Part du Chef, comme Insertech, donne une seconde chance à ceux qui croyaient avoir définitivement claqué la porte de l'école. Ils peuvent ainsi revenir en douce dans le circuit académique ou acquérir une formation qui leur permettra de gagner leur croûte par la suite. «Des 48 jeunes qui passent par Insertech chaque année, 40 % retourne à l'école, 60% réintègre le marché du travail», valide Gérald Larose. Avec un taux de réussite qui frôle le 100% – une infime partie des candidats abandonnent en cours de projet – on ne peut que penser que la formule fonctionne pour ces jeunes laissés pour compte du système.
Success story
Part du Chef enregistre une performance tout aussi convaincante. L'année dernière, 30 personnes y ont entamé un parcours d'intégration: 25 sont allées au bout du processus.
Gilberte Savard, derrière le comptoir du Bistro Part ici, a connu son lot de success story. «Un jeune est récemment venu nous rendre visite. Il disait avoir besoin de se replonger dans l'ambiance du travail, de se remettre dans le droit chemin, disait-il.»

Mme Savard est une sorte de coach pour ces travailleurs de la dernière chance. Elle éprouve d'ailleurs beaucoup de fierté à faire son boulot. Elle leur montre tout ce qu'il y a à savoir sur l'art de servir la clientèle. Derrière les portes battantes, ces mêmes jeunes jouent aux apprentis cuistots.

Ils en ressortent, au bout de six semaines, avec une expérience de travail qu'ils n'auraient probablement pas pu obtenir ailleurs. «Ils apprennent même à se lever le matin pour rentrer, à l'heure, au travail.» Difficile d'imaginer pour monsieur madame Tout-le-Monde, mais pour qui n'a jamais réellement eu à se plier à un horaire, la marche est haute, résume Stéphanie Guérette, coordonnatrice des activités entourant la Semaine des entreprises d'insertion. La beauté de cette formule, dit-elle, c'est que ces étudiants sont de véritables travailleurs. Ils ont une paye, avec avantages sociaux et tout le bataclan, «comme dans n'importe quelle entreprise». Par ailleurs, la plupart des clients du Bistro Part ici, chic avec une excellente cuisine, ne se doutent pas qu'une vision sociale se cache dans leur plat de pâtes!

Le Québec aurait avantage à développer davantage la formule, considère Gérald Larose. D'autant que les entreprises peuvent venir y puiser une main-d'œuvre intéressante, ce qu'elles font de plus en plus, certifie-t-il.

Certaines se montrent même intéressées à intégrer cette formation à l'intérieur même de leurs activités. Le hic? Québec n'allonge pas les dollars.

La province compte 46 entreprises d'insertion sociale. Point final. Le gouvernement du Québec a imposé un moratoire sur leur développement. Les enveloppes budgétaires sont gelées; les entreprises d'insertion existantes ne peuvent même pas rouler à plein régime, faute de financement.

Pourtant, les besoins sont réels. «À Insertech, lorsque vient le temps de trouver les douze nouveaux candidats, on reçoit pas moins de 700 applications», expose M. Larose.
Faire rouler l'économie... sociale
La première entreprise en insertion sociale a été créée en Outaouais en 1982

On en dénombre aujourd'hui 49

On en retrouve dans 12 régions du Québec, dont 21 à Montréal

Ces entreprises emploient actuellement plus de 800 personnes

Elles ont permis à ce jour de former plus de 2 700 personnes dans 66 domaines d'apprentissages différents

Taux d'insertion à l'emploi: plus de 75%

Retombées économiques et sociales: plus de 25 M$ annuellement

Plus de 70% des travailleurs en formation ont moins de 30 ans.

(Photo: Jacques Pharand)

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