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Nouvelles d’Afghanistan, chapitre six

Le capitaine Jocelyn Lemay envoie sa sixième lettre au Journal de Rosemont–Petite-Patrie

Article mis en ligne le 26 octobre 2007 à 15:38
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Nouvelles d’Afghanistan, chapitre six
«Je quitte l'Afghanistan le 10 décembre et serai de retour au pays au plus tard pour Noël», écrit le capitaine Jocelyn Lemay, membre des Forces canadiennes. (Photo: Éric Carrière)
Nouvelles d’Afghanistan, chapitre six
Le capitaine Jocelyn Lemay envoie sa sixième lettre au Journal de Rosemont–Petite-Patrie
Il ne reste plus qu'une dizaine de semaines avant le retour du capitaine Jocelyn Lemay, résidant de La Petite-Patrie. La routine qui s'est installée sur la base militaire de Kandahar, «ressemble étrangement à un remake du film Le Jour de la Marmotte dans lequel nous jouons le rôle principal», raconte-t-il. La vie sociale a aussi pris forme.
«Sorties sur le «boardwalk à siroter un cappuccino glacé avec des amis, parties d’échecs, entraînement physique au gym et alerte à la roquette comptent parmi les activités qui meublent nos rares moments de détente, écrit-il.

KAF (Kandahar Air Field) City est un microcosme de nos villes occidentales. Très cosmopolite, on y retrouve un fort contingent des pays membres de l’OTAN tels les Américains, les Britanniques et les Canadiens.

L’ancien bloc de l’est y est aussi bien représenté. Nos collègues sont aussi roumains, slovènes ou estoniens. Les employés civils, la plupart en provenance de l’Inde, du Pakistan ou de la Bosnie, sont quant à eux affectés aux cuisines, à l’entretien ménager ou aux travaux de construction. Car KAF City, avec plus de 10 000 habitants, est en continuelle expansion.

Les conditions de vie sont dictées par des critères très précis tels que le pays d’origine, l’organisation d’appartenance, le poste occupé et la position au sein de la hiérarchie militaire. Les plus choyés du système logeront dans les quartiers chics de KAF City, à quatre par chambre, avec douches et installations sanitaires à même la bâtisse, climatisation et accès facile à Internet.

La classe moyenne de la ville loge dans des tentes relativement confortables, un espace de cinq mètres carrés procurant une intimité relative.

L’aspect le plus désagréable de cette vie de campeur se produit la nuit; le petit coin est situé à une trentaine de mètres à l’extérieur. C'est ce qui attend les moins chanceux. Ils logent dans une immense tente de transit à caractère permanent où la climatisation est déficiente et la poussière, omniprésente. Pour l’Internet, il y a cependant toujours les roulottes mises à la disposition des militaires.

Ces conditions de vie peuvent sembler austères si on les compare au logement douillet auquel nous sommes habitués au pays, mais c’est encore du luxe en comparaison des gars et des filles affectés dans les postes avancés (FOB). Pour eux c'est la ration de campagne, l'absence d’installation sanitaire. L'eau chaude est chauffée par le soleil et la présence des scorpions est quasi permanente.
KAF City a tout de même une âme.
C’est au sein de notre équipe de travail que l’on trouvera un sens à cette mission en terre afghane. Certains apprécieront l'esprit d’équipe entre collègues. D'autres seront stimulés par le travail accompli, mais souvent assombri par la mort d’un collègue ayant sauté sur une mine posée par un ennemi invisible mais omniprésent.

Travailler au sein d’une équipe multinationale amène son lot de joie, de déception et de frustration. La barrière linguistique et les méthodes différentes ne sont que quelques-uns des écueils auxquels on doit faire face.

Par contre, les plaisirs sont aussi au rendez-vous; saucissons de France, fromage Gouda de Hollande ou sirop d’érable du Québec font partie des délices que nous partageons.

Ainsi, les adieux se succèdent. Depuis mon arrivée, la moitié de mon équipe a été remplacée, le dernier en liste est Sayed notre interprète, qui a finalement reçu son visa pour s’établir aux États-Unis. C'est une étape importante pour lui.

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