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Quand la police entre à l'école

Louise Potvin par Louise Potvin
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Article mis en ligne le 5 novembre 2007 à 10:00
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Quand la police entre à l'école
Pendant un an, Dora Paventi fera «du bureau», à raison d'une demi-journée par semaine, au Rosemount High School. (Photo: Jacques Pharand)
Quand la police entre à l'école
Dora Paventi connaît bien le Rosemount High School. La policière fréquente régulièrement cette école secondaire depuis au moins six ans. Parfois pour ramener l'ordre. Le plus souvent, c'est pour causer prévention avec les quelque 700 élèves anglophones, comme elle le fait d'ailleurs dans les 16 autres écoles sur son territoire. Cette fois, elle va nettement plus loin: l'agente sociocommunautaire a établi ses quartiers dans l'établissement scolaire de la rue Beaubien.
Le Rosemount High School n'a pas plus de problèmes qu'une autre école du coin. Pourtant, Dora Paventi y a maintenant un petit local et y passera une demi-journée par semaine. La principale raison? La jeune clientèle vient de partout sur l'Île. «Très peu habitent dans Rosemont: On veut premièrement créer un sentiment d'appartenance au quartier», explique d'emblée Dora Paventi.

Un exemple. Hors des heures de cours – le dîner en particulier – les jeunes vont à la pizzéria, au dépanneur, au parc... On les voit partout, surtout qu'ils sont facilement identifiables grâce à leur uniforme.

Ce qui n'est pas sans causer quelques frictions avec les résidants. «On doit constamment rappeler aux élèves de ne pas s'asseoir dans les escaliers des petits commerces qu'ils fréquentent», souligne la directrice Ginette Clarke. La dame sait de quoi elle parle puisqu'elle et quatre autres membres de son personnel forment une petite escouade qui passe l'heure du lunch à veiller au bon comportement des jeunes, hors des murs de l'école, histoire d'entretenir des relations de bon voisinage.

Par ailleurs, plusieurs personnes ne tracent pas la ligne entre un banal attroupement de jeunes qui s'amusent et rigolent, parfois avec vigueur, et des membres de gangs de rue. Règle générale, les jeunes font peur, constate Mme Paventi.

C'est donc toute l'image de la clientèle de l'école qu'il faut préserver. «Nous sommes une petite société vivant entre la 16e et la 17e Avenue, de Beaubien à Saint-Zotique, souligne Ginette Clarke. Lorsque les jeunes sortent de ce périmètre et circulent dans les rues avoisinantes, nous devons constamment revenir à la charge avec notre message.»
Salut Dora!
Dora Paventi est agente sociocommunautaire: son mandat touche avant tout la prévention, toute catégorie. Rien ne l'empêche de procéder à des fouilles ou à des arrestations, mais ce n'est pas là sa principale tâche.
Cette année, elle souhaite la passer à tisser des liens avec la clientèle du Rosemount High School. «Récemment, des jeunes filles ont formé un comité contre la violence; elles m'ont demandé de les assister», un bon départ, souligne Mme Paventi.
Violence familiale, taxage, consommation de drogue: la policière espère ouvrir la porte aux confidences. Au besoin, elle pourrait contacter les parents ou encore diriger les jeunes vers des services ou organismes pouvant leur venir en aide. «Les jeunes me connaissent et me respectent, je suis contente de pouvoir travailler plus étroitement avec eux», insiste Mme Paventi.

Le projet au Rosemount High School a peu d'équivalents à Montréal. L'école Père-Marquette, dans la Petite-Patrie, a initié une démarche similaire: on retrouve d'autres exemples dans la Ville de Québec.

Aurait-on avantage à étendre cette pratique d'un policier dans chaque école? Ginette Clarke n'ose pas avancer une réponse si ce n'est que, dans son cas, la présence policière est définitivement positive. L'équipe-école a un dossier «Dora»: le comité de parents applaudit l'idée. «Ici, Dora est la bienvenue, une belle synergie s'est déjà installée entre elle, les jeunes et tout le personnel»,

résume Mme Clarke.

(Photo: Jacques Pharand)

(Photo: Jacques Pharand)
Les jeunes me connaissent et me respectent. @CSi:Dora Paventi

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