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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Un tétraplégique aux rimes philosophiques

par Yannick Pinel
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Article mis en ligne le 27 novembre 2007 à 14:57
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Un tétraplégique aux rimes philosophiques
Kinimod, Bruno Pelletier et Psymon sur la scène du Centre culturel Leonardo DaVinci. (Photo: Éric Carrière)
Un tétraplégique aux rimes philosophiques
Simon Lortie est le premier à l’avouer: sa vie n’avait rien d'extraordinaire avant son tragique accident. Il habitait chez ses parents et se cherchait à vrai dire. Aujourd’hui, huit ans plus tard, il habite seul et a enfin trouvé sa voie (voix), la musique hip-hop. Récit d’un auteur-compositeur-interprète qui a peut-être perdu l’usage de ses membres, mais qui a conservé toute sa tête.
La vie de Simon Lortie bascule en 1999, lors d’un voyage à Boston. «J’ai plongé dans l’océan et je suis tombé dans un creux de vague. Je me suis alors cassé la cinquième vertèbre du cou», raconte le jeune homme, qui avait 21 ans à l’époque. Une longue réhabilitation s’ensuit

À ses deux premières semaines d’hospitalisation à Boston, le jeune homme est traité comme un roi. Lors de son transfert à l’Hôpital général de Montréal, toutefois, le contraste est violent: «Je suis arrivé en pleine grève des infirmières.»

Heureusement, tout rentre dans l’ordre lorsqu’il est admis au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau. C’est à cet endroit qu’il aperçoit pour la première fois la lumière au bout du tunnel. Les 21 mois qu’il y passe le changent à jamais. «Ce fut une belle et longue réhabilitation», admet-il, malgré le dur combat qu’il a dû mener.

À sa sortie du centre, en septembre 2001, il emménage dans un 4 ½ situé à Rosemont. Passionné de hip-hop depuis l’enfance – il était D.J. avant son accident -, il se met à l’écriture. Après tout, comme il nous l’a fait remarquer, il ne lui reste que sa tête et sa bouche d’intactes.

D’un côté, il compose sa musique et ses textes et de l’autre, il fait du bénévolat au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau: «J’ai fait de nombreux témoignages. J’ai raconté mon histoire à d’autres blessés médullaires.» Il est si bon que l’Association des paraplégiques du Québec (APQ) finit par l’engager, à titre de conseiller en intégration.

Mais la vie de Simon Lortie bascule pour une deuxième fois, en 2004, lorsqu’il fait la rencontre de Dominik Beauséjour, un autre jeune homme ayant perdu l’usage de ses membres lors d’un accident de la route.

Les deux hommes se trouvent immédiatement un point en commun: leur dévotion pour la culture hip-hop. Ils décident alors de former le duo Kinimod (Dominik épelé à l’envers) et Psymon (Simon).
En première partie de Bruno Pelletier
Le duo a déjà eu la chance de partager la scène avec de grands noms de la musique québécoise. Ses chansons ont été présentées dans le cadre du spectacle-bénéfice annuel de l’APQ. Nos deux jeunes hommes ont offert une prestation inoubliable aux côtés des Marco Calliari, Tricot Machine, Bob Walsh, etc.

C’est aussi ce spectacle que les deux rappeurs ont présenté dans le cadre de la soirée bénéfice du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau, qui se tenait la semaine dernière. Ils ont assuré la première partie de Bruno Pelletier, l’une des plus grandes voix du Québec.

À la fin du spectacle de Bruno Pelletier, Kinimod et Psymon sont revenus sur scène pour interpréter une pièce avec la vedette de la soirée. Tous ensemble, ils ont interprété le classique québécois Quand les hommes vivront d’amour. Quelques couplets avaient été ajoutés pour l’occasion par Simon Lortie, question de rendre la pièce plus hip-hop. Une finale explosive!

Au dire de Simon, l’événement aurait rapporté 120 000 $, soit deux fois plus que l’an dernier. La présence de Bruno Pelletier y est pour beaucoup. «Il est venu nous rencontrer au studio de Dominik. Nous avons pratiqué un peu. Il a beaucoup de classe», conclut l'artiste rosemontois.

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