André Montmorency.
La Confrérie de la Grande Jaquette
Lettre au cardinal Ouellet
À la demande générale, revoici la chronique d'André Montmorency publiée vendredi dernier dans nos journaux Le Plateau et Le VM.
Cher monsieur Ouellet (il m’est difficile de vous appeler cardinal, me refusant à employer les titres que donne le gourou de votre secte à ses membres influents). J’espère au moins que vous êtes conscient de faire partie de la seule secte qui ait réussi en employant les mêmes méthodes qu’un Jim Jones: FAIRE PEUR AU MONDE.
Il est heureux que nous ayons échappé à un suicide collectif. Les occasions où le Kool-Aid aurait été de circonstance ont pourtant été nombreuses. Après ce long préambule, j’aimerais entrer dans le vif du sujet comme beaucoup de vos collègues l’ont fait si «souventes» fois, pour nous inculquer les profondeurs de la grâce divine. Et, allez donc, à grands coups dans le caleçon, toé!!!
En tant qu’abusé sexuel des années 1950 et homosexuel de surcroît, je vais vous raconter pour quels gestes vous avez demandé notre pardon. Voilà ce que j’ai subi. Je fus convoqué dans la cellule de mon titulaire au Collège Sainte-Croix, la lumière était tamisée et il avait revêtu un t-shirt moulant. En moins de deux, je fus assis sur ses genoux et appris ce qu’était un french-kiss pendant que je me faisais triturer la tristounette au travers de mon pantalon. Je réussis à me dégager en utilisant la force de mes 13 ans.
Conséquences
Mon grand sens de la dérision, déjà, me sauva la vie: avec ma lèvre tuméfiée, je me précipitai dans la cour de récréation pour alerter ma gang. Les jours suivants, j’organisai des virées pour aller écouter les gloussements du tortionnaire poursuivant ses frasques. Grâce à ma grand’yeule déjà proverbiale, il fut muté et alla sévir au Collège Saint-Laurent.
Au fait, je n’en ai gardé aucune séquelle, je suis né gay. Quant à votre deadline des années soixante, ayant quitté le collège en 1957, je suis ravi d‘apprendre que le carnage s’est terminé trois ans plus tard.
Signé: Brebis très égarée.
P .S . :Ah! Monsieur Turcotte, vous qui avez refusé pendant cinq ans de venir à Sortie gaie nous parler de la position de l’Église face à l’homosexualité. Si la mitre vous fait…
P.P.S . : Cher Brian,
Vous auriez dû me consulter au moment où vous en arrachiez avec votre jeune famille. Au lieu de vous pointer à Westmount pour péter plus haut que l’trou, vous auriez dû faire comme moi. J’ai acheté une petite maison sur le Plateau Mont-Royal, 18 000 $. Je l’ai revendue huit ans plus tard 144 000 $. Calculant la mise, vous n’auriez eu que 174 000 $ à accepter du méchant monsieur allemand.
Excusez-moi si je semble agressif, c’est que je viens d’écrire à monsieur Ouellet.
Eliette Bédard
Commentaire mis en ligne le 11 décembre 2007Bonjour monsieur Montmorency,
Je vous félicite de votre prise de position et vous encouage d'aller jusqu'au bout. Mais tel que je vous connais via les média, je sais que c'est ce que vous ferez.
Pour ma part, j'ai apostasié il y a déjà 2 ans. C'est très facile... même trop facile! J'ai donné mes raisons à l'Église catholique et on m'a dit que si je voulais revenir dans la famille catholique, j'y serais très bien reçue. Au diable! J'ai posé des questions pertinentes sur cette religion, mais on ne m'a JAMAIS répondu. Ignorance des réponses? On me considère comme du menu fretin? On me boude? Peu importe, je vous avoue que je me sens bien mieux depuis mon apostasie, plus soulagée, plus légère.
J'ai été pensionnaire dans le fond de l'Abitibi dès mes 5 ans, je n'ai pas été abusée physiquement mais moralement et psychologiquement, oh que oui!
Continuez, monsieur MOntmorency, vous avez tout mon encouragement.