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S'en sortir en courant

par Yannick Pinel
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Article mis en ligne le 5 décembre 2007 à 11:30
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S'en sortir en courant
Audrey, Josée, Audrey-Anne, Merlyne, Dérek, Steven, Pierre-Étienne, Guillaume et Éric, quelques minutes avant de prendre le départ. (Photo: Courtoisie)
S'en sortir en courant
Neuf jeunes de 16 à 21 ans. Une distance de 250 kilomètres à parcourir. Un mousqueton à titre de témoin. À la fin, le sentiment d'avoir accompli un exploit qui est à la portée de 0,5 % de la population.
L'idée est de l'organisme DesÉquilibres, dont la mission est d'offrir des alternatives aux jeunes âgés de 16 à 21 ans ayant des comportements destructeurs pour eux et pour les autres, par le biais de défis sportifs intenses, comme celui de parcourir à la course la distance reliant Montréal et Québec.

Au début, ils étaient 18 jeunes. «Nous les avons recrutés dans les centres jeunesse et les CLSC. La plupart d'entre eux vivaient des difficultés de santé mentale, de décrochage scolaire, de toxicomanie ou de gang de rue», indique le président-directeur général de DesÉquilibres, Luc Parlavecchio, un sportif de haut niveau en rugby qui a été intervenant jeunesse pendant plusieurs années.

La condition pour être de l'aventure? «Que le jeune soit motivé. Aucun d'entre eux n'était un athlète, précise M. Parlavecchio, qui n'a pas oublié d'où les jeunes sont partis. Au début, ils n'arrivaient pas à courir durant cinq minutes sans être à bout de souffle.» Aujourd'hui, les neuf jeunes qui ont pris part à la course courent durant une heure et quart sans s'arrêter.

Un entraînement intense, combinant plusieurs sports comme le judo, le vélo, le rugby et le «ultimate» frisbee, voilà qui explique le pas de géant qu'ont fait les jeunes. «Depuis plus de 20 semaines, les jeunes s'entraînent trois fois par semaine, à raison d'une heure et demie par séance», détaille M. Parlavecchio, qui est aussi un de leurs quatre entraîneurs. «Car ici, on se comporte comme des entraîneurs et non comme des moniteurs.»

Les neuf jeunes ont pris le départ samedi dernier, à 8h45, du Sanctuaire du Bois-De-La-Réparation à Pointes-aux-Trembles. Ils sont arrivés le lendemain, à 15h, aux plaines d’Abraham. «Ils ont couru 30 heures sans arrêt. Chacun a parcouru entre 20 et 30 kilomètres.» Pas d'inquiétude à avoir; ils étaient en sécurité: «Un autobus, une voiture de sécurité et une voiture santé les accompagnaient. Il y avait même deux massothérapeutes à bord», rassure le président-directeur général de l'organisme DesÉquilibres.

«On a souvent dit à ces jeunes qu'ils ne valaient rien. Eh bien, regardez, ils viennent d'accomplir quelque chose que seulement 0,5 % de la population se croit capable de faire. Ils sauront désormais qu'ils peuvent accomplir ce qu'ils veulent dans la vie», conclut Luc Parlavecchio.

(Photo: Courtoisie)

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