Conte de Noël
L’hiver trône dans son empire cristallisé. Au faîte des arbres, un soleil rêveur dore
la forêt de la Visitation. La Blanche apparaît au sommet de l’érable. Un trait de lumière
forme une filée jusqu’à ses pieds. Quiconque lève la tête peut l’admirer. On dit qu’un sculpteur l’a taillé dans la ligne de la grande coulée.
On raconte et qui plus est que le Jour de Noël de chaque année, le propriétaire du moulin venait déposer, au bas du tronc, dans le trou de l’écureuil, une pièce d’or pour la postérité. Maître rongeur cueillait l’offrande, puis l’enterrait en secret… et tous les enfants glissaient, marchaient pour la découvrir.
Au fil des ans, à tous les printemps, une chaudière d’eau sucrée saluait le vent. Les étés feuillaient la vie, tandis que l’automne colorait toutes les ambiances. Puis, un certain décembre, la neige recouvrait le chemin de mes ancêtres. J 'ai mis mon manteau des grands froids. Comme eux, j’ai glissé, marché pour trouver le trésor de mon désir.
Elle était là dans le souffle du jour. À ce moment, j'ai compris que Noël devenait la naissance de l'amour. Elle m'a accompagnée. On a fêté l'avènement. Une renaissance a commencé... on a échangé, on a partagé. Comme disait ma grand-mère : l'or est au pied de la grande coulée, un enfant est né!
Depuis ce temps, j'ai retrouvé le don de m'émerveiller. Joyeux Noël!
Auteur : Louise La Rochelle