Sous la neige
L’enfant pleurait parce que la Fée des Neiges avait enseveli
son bonhomme de neige sous un immense manteau blanc.
Seulement un bout de la carotte pointait dans la blancheur
immaculée. Un tout petit point orangé dans le décor immaculé.
Plus il neigeait, plus il pleurait et plus la fée, qui avait cru lui faire plaisir, était triste elle aussi.
Comme son Père Noël était disparu, qui viendrait lui remettre
les cadeaux qu’il attendait avec inquiétude?
Ses larmes formaient maintenant une glace comme un miroir
où un enfant triste secouait sa tuque du «Canadien».
Aurait-il finalement les patins, le bâton et surtout le fameux
chandail numéro treize? Un beau chandail rouge avec des étoiles
multicolores.
Avant minuit, toute la patinoire serait recouverte et, emprisonné
dans son grand manteau blanc, le Père Noël allait décevoir plus
d’un enfant.
Les enfants avaient cessé de jouer; toute cette blancheur qui recouvrait leurs jeux semblait les inquiéter.
C’était sans compter sur la magie de l’étoile du Nord qui avait
guidé le vieux bonhomme rouge jusqu’ici.
Elle toucha d’une de ses pointes brillantes le nez orangé qui sembla frétiller, avant d’atchoumer sans discrétion.
Il se mit à grandir, à grossir, à éclater d’un rire gras et profond;
il toucha bientôt aux branches des arbres; ses bras étaient immenses et pleins de surprises.
La jolie Fée des Neiges déposa sur sa tête la belle tuque du Canadien et l’enfant se mit à rire. Et tous les enfants souriaient.
Vite il fallait maintenant aller au lit; il viendrait pendant le sommeil,
dans chaque maison, guidé par l’étoile. Au matin, chaque bas de
Noël serait débordant de surprises.
Et demain, après la joute de hockey avec les amis, ensemble
ils feront un bonhomme de neige, comme celui de leur rêve.
Peut-être même que la Fée des Neiges viendra lui tenir compagnie.
Claude Pelletier
décembre 2007