Petites annonces | Enchères au Québec | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

La vieille dame aux pigeons

Article mis en ligne le 23 décembre 2007 à 16:00
Soyez le premier à commenter cet article
La vieille dame aux pigeons
C’était le temps des fêtes. Pierrot, comme tous les enfants de six ans, rêvait encore au Père Noël et à la fée des étoiles. Aussi, tous les matins, en se rendant à l’école avec sa maman, il énumérait sa liste de cadeaux à voix haute. Était-ce par peur d’oublier ou tout simplement une façon de rappeler l’essentiel au Père Noël?

En ce début décembre, les flocons virevoltaient dans le ciel et venaient recouvrir de son manteau blanc les parcs de la métropole. Tout de blanc vêtue, la ville devenait méconnaissable. Malgré la neige abondante, Pierrot reconnut la vieille dame aux pigeons qui se trouvait toujours sur son banc au milieu du parc Lafontaine.

- Qu’est-ce qu’elle fait là? demanda le gamin à sa mère.

- Elle nourrit les oiseaux, fit celle-ci.

- Est-ce son métier? demanda encore l’enfant candidement.

- Oui, mon chéri. Elle répand le bonheur sur la terre, répondit la mère, attristée par le sort de la vieille dame.

Instinctivement, Pierrot lâcha la main de sa maman, s’approcha de la vieille dame, ouvrit son sac à dos et lui offrit deux biscuits. La mendiante, enchantée par le geste inopiné de l’enfant, lui fit un large sourire et le remercia. Puis elle porta les biscuits à ses lèvres ravagées par le froid et grignota en silence l’offrande du petit.

Tout heureux d’avoir accompli une bonne action, Pierrot reprit le chemin de l’école en repensant à la vieille dame. Le sourire de la vieille dame l’avait marqué. Il était empreint d’une délicatesse hors du commun. Ses yeux noirs lançaient des éclairs de sollicitude malgré sa douleur apparente. Sa chevelure toute blanche retombait sur ses épaules comme une rivière de pépites d’or. Les mains ravagées par la misère étaient douces, malgré de longs doigts rabougris par la tourmente et la faim.

Depuis cette fameuse rencontre, Pierrot n’était plus le même. Tous les matins, il insistait pour revoir la dame aux pigeons afin de partager ses biscuits avec elle, sous le regard attendri de sa chère maman.

Puis, un beau matin juste avant Noël, le malheur frappa. La maman de Pierrot perdit son emploi. Quelle déception ce fut pour tout le monde! Malgré tout, Pierrot garda espoir et souhaita plus que jamais obtenir son cheval de bois qui arrivait en tête de liste dans sa lettre au Père Noël. Affolée, la pauvre mère n’eut nullement le courage d’avouer la triste réalité à son fils. « Il me faut un miracle si je veux exaucer le vœu de mon cher fils », se dit-elle à voix basse.

La veille de Noël, alors que l’agitation était à son apogée dans la maisonnée, on sonna à la porte. Pierrot, qui ne tenait plus en place, ouvrit la porte et arriva face à face avec le Père Noël. Celui-ci éclata d’un rire de tonnerre qui fit trembler la maison toute entière. Puis, avec un large sourire, il remit un énorme cadeau à l’enfant qui disparut au salon. La mère, intriguée, s’approcha lentement de l’illustre personnage.

- Que se passe-t-il? fit-elle.

- Je ne fais que mon devoir ma chère madame. L’étiquette dit simplement que ce cadeau a été payé en entier en échange de vos biscuits, fit-il en s’approchant de la mère qui éclata en sanglots.

- Comment est-ce possible? murmura la pauvre mère.

- Madame, je dois également vous annoncer que le pâtissier du coin a un emploi pour vous. Il me demande également de vous faire le message qu’il aime tout autant les pigeons que sa pauvre mère malade.

- Maman. Maman. J’ai eu mon cheval de bois. As-tu vu? J’ai eu mon cheval de bois, fit Pierrot. Je savais que le Père Noël ne m’oublierait pas cette année, fit l’enfant en criant à pleins poumons.

- Mon cher enfant, ce n’est pas le Père Noël qui t’a récompensé cette année. C’est plutôt la fée des étoiles qui veillait sur nous tous sans que nous nous en doutions le moins du monde, expliqua-t-elle le plus simplement du monde.

Ce Noël fut le plus beau et le plus magique pour le petit Pierrot. Même s’il était obsédé par son petit cheval de bois en cette veille de Noël, il tint quand même à aller au parc Lafontaine, le temps d’offrir deux biscuits à la vieille dame aux pigeons qui avaient retrouvé son banc et ses amis les oiseaux.

Par : Réjean Roy

www.rejeanroy.homestead.com

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net