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S’expatrier en Chine : la vie «sur une autre planète»

Trois Rosemontois s’installent dans l’empire du milieu

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Article mis en ligne le 14 janvier 2008 à 12:30
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S’expatrier en Chine : la vie «sur une autre planète»
Novices en mandarin, les trois Rosemontois arrivent tout de même à se débrouiller, afin de s’intégrer à leur nouvel univers. (Photo: Mathieu Dubois)
S’expatrier en Chine : la vie «sur une autre planète»
Trois Rosemontois s’installent dans l’empire du milieu
Ils ont commencé leur vie de famille sur la rue Beaubien, à Rosemont il y a de cela près de six ans. Au mois de février 2007, ils ont tous les deux décidé de quitter leur appartement pour refaire leur vie en Chine, avec leur fils de cinq ans. Parce qu’ils n’en peuvent plus de manger «du chinois», nous sommes attablés dans un restaurant Népalais de Shanghai. L’occasion est parfaite pour partager leur expérience en tant que nouveaux arrivants.
Comme beaucoup d’autres Québécois, Stéphane et Stéphanie ont quitté leur pays pour le travail. Oeuvrant dans le domaine de la quincaillerie, Stéphane a signé un contrat d’une durée de trois ans avec la compagnie française A.R.E.N.A. Stéphanie a plutôt décidé de demeurer à la maison, afin d’élever sa famille qui s’agrandira bientôt, puisqu’elle est enceinte de jumeaux.

Entre deux bouchée de boulettes farcies au fromage, Stéphane lance sans hésitation : «Ici, c’est une autre planète, ça n’a rien avoir avec Rosemont, dont on s’ennuie beaucoup!» Sa conjointe ajoute que le plus difficile pour des Occidentaux, c’est de s’habituer au mode de vie des Chinois. «Partout ici, les gens veulent être les premiers. Quand on attend un taxi, on se fait pousser et quelqu’un le prend à notre place, on se fait dépasser à l’épicerie. Pour arriver à se faire respecter, il faut se conduire en chinois et prendre la situation en riant». Stéphane s’interpose de nouveau : «Leur attitude me rend parfois agressif. J’écoute mon Ipod, je baisse la tête comme eux, je gonfle un peu mes épaules et je fonce!»

Gesticulant sans cesse, l’homme aux yeux pétillants raconte que le mois dernier, trois personnes sont mortes dans une épicerie grande surface, dans le sud-ouest de la Chine, après avoir été piétinées par des clients, impatients de se procurer de l’huile à cuisson, dont le prix était exceptionnellement réduit de 20%. «S’ils ont l’air pressés, les Shanghaiens sont pourtant très relaxes et ne perdront jamais leur calme si on les pousse ou si on prend leur place, ce qui n’est pas nécessairement le cas à Montréal», ajoute sa jeune conjointe, caressant son ventre arrondi par la grossesse.

La langue est évidemment une barrière de plus à l’intégration. Car s’il est possible de vivre adéquatement en ne parlant pas un mot de chinois à Shanghai, il est préférable de se débrouiller en mandarin afin d’éviter de se faire prendre pour un touriste.

«Nous serons toujours blancs et nous serons donc toujours des étrangers aux yeux des Chinois. L’avantage, c’est que lorsque je commence à parler au chauffeur de taxi en mandarin, il évite de me faire faire le tour de la ville avant de me conduire où je veux», explique Stéphanie. Son fiancé parle un peu moins le dialecte local, parce qu’au travail, la langue de Molière et de Shakespeare sont suffisantes. Par contre, il se défend bien d’être un très bon négociateur. Avec les marchands, qui vendent leurs produits quatre fois plus cher aux Occidentaux, son mandarin lui a permis de remplir sa garde-robe de vêtements «made in china».

Celui qui s’en sort le mieux est probablement leur fils. Lou fréquent une école qui enseigne le français le matin et le mandarin en après-midi. Son intégration en est ainsi facilitée. Il apprend même de nouveaux mots à sa mère…

Cette famille a donc réussi à trouver une vie qui leur convenait. Leurs quelques mots de chinois leur permettent de se débrouiller dans leur quotidien, mais pour gérer les différences culturelles orientales, ils ont trouvé un autre moyen. En effet, leur cas n’est pas unique et plusieurs autres familles occidentales vivent la même réalité. Il existe donc un réseau d’expatriés très bien huilé qui leur permet de faire des rencontres et de pratiquer certaines activités. Par exemple, une fête de Noël pour les enfants, un dernier rassemblement de Canadiens avant la nouvelle année ou une heure gratuite de Taichi.

S’ils sont bien loin des bancs de neige et de la slush de Rosemont, l’expérience chinoise aura permis aux trois Montréalais de s’ouvrir aux différences afin d’habiter temporairement «sur une autre planète.»

(Photo: Mathieu Dubois)

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