Jean Boisvert pose avec sa grande basse, une flûte à bec qui n'a rien à voir avec celle de la petite école. (Photo: Éric Carrière)
Un compositeur d'ici se fait remarquer aux États-Unis
Jean Boisvert remporte le 1er prix d'un concours de composition
La pièce pour flûtes à bec Berceuse-fantaisie a remporté le concours de composition de la section de Chicago de la Société américaine de flûte à bec. L'homme à qui l'on doit cette douce mélodie, Jean Boisvert, est un postier de la Petite-Patrie qui, dans son petit appartement de la rue Alma, compose des pièces orphelines qui ne demandent qu'à être adoptées ou jouées.
Postier au centre de tri de Postes Canada, Jean Boisvert est un compositeur dans l'âme. Rien ne le passionne plus que la musique. Depuis juillet 2007, il est en sabbatique. «J'ai pris une année de congé pour me consacrer à la musique. C'est difficile de composer avec un boulot à temps plein», indique celui qui a fait ses études collégiales et universitaires en musique.
C'est en surfant sur Internet qu'il a découvert le concours de composition de la section de Chicago de la Société américaine de flûte à bec. Il lui fallait présenter une composition de cinq minutes. Sa Berceuse-fantaisie ne durait que 3 minutes 40 secondes. «J'ai dû la rallonger. Pas évident à faire! Mais je pense avoir réussi», considère-t-il, et avec raison, puisque l'œuvre en question a remporté le tout premier prix. Les commentaires du jury sont plus qu'élogieux: «Une mélodie et des harmonies étonnantes! Une tonalité exigeante, mais faisable! Une pièce unique pour flûtes à bec!»
Avec la notoriété du prix viennent un chèque de 150 $ et un concert mettant en vedette l'œuvre de Jean Boisvert. Un concert qui aura lieu le 20 avril, à Chicago, et auquel M. Boisvert assistera sans faute. «J'aurai le privilège de diriger les musiciens lors d'une générale. Je les conseillerai pour que la pièce soit jouée comme je l'ai imaginée», annonce-t-il, un brin impatient.
Berceuse-fantaisie se retrouvera même sur disque compact. Un DC célébrant le 10e anniversaire du concours et qui comprendra les pièces gagnantes des 10 dernières éditions. «Je ne sais pas si le disque sera disponible au public ou juste aux membres, mais j'espère que tout le monde pourra se le procurer», ajoute celui qui souhaiterait bien toucher des droits d'auteur.
L'œuvre de Jean Boisvert a été écrite pour un quatuor (alto, tenor, soprano et basse) de flûtes à bec. Le compositeur a signé un accord d'exclusivité avec la Société américaine de flûte à bec, selon lequel il ne peut jouer sa Berceuse-fantaisie nulle part ailleurs avant le concert du 20 avril. D'ici là, celui qui compte à son actif plus de 60 compositions (dont la moitié sont pour le piano) devra piger dans son répertoire. Son trio pour flûtes à bec «pourrait» être joué en mars, lors de la Fête des flûtes, un événement organisé par la Société de flûte à bec de Montréal. «Ça reste à confirmer», admet-il bien humblement.
Jean Boisvert rêve de vivre uniquement de la musique. Il lui reste six mois pour y arriver, avant son retour au travail (Postes Canada). S'il arrive à se faire un nom dans la musique dans les mois à venir, il effectuera un retour à temps partiel. Le compositeur a des projets pleins la tête, dont un concert qu'il aimerait présenter. Sans compter qu'il aimerait jouer de la musique, sa musique en l'occurrence. Il joue de plusieurs instruments, mais aura toujours un faible pour le piano et la flûte à bec: «J'adore la sonorité de la flûte à bec.» Jean Boisvert a découvert la flûte à bec à l'école primaire, bien qu'elle n'était qu'une «flûte en plastique à 15 $». Depuis, il a découvert la virtuosité de cet instrument: «Si vous entendiez un grand musicien jouer d'une flûte à bec de qualité, vos préjugés tomberaient vis-à-vis de cet instrument.»
maurice bourget
Commentaire mis en ligne le 23 septembre 2008Sauvegarde - maurice.