Le Comité écologique furieux
L'organisme perd la gestion de l'Éco-quartier et du Bois des Pères
Le responsable du CÉGM, Érik Bassil, accuse l’arrondissement d’avoir pipé les dés afin que son organisme n’ait aucune chance de vaincre aux points la SODER. M. Bassil entend porter plainte auprès du Protecteur du citoyen.
Lors de notre rencontre, Érik Bassil était en colère. Sans doute parce qu’il a dû mettre 12 personnes (4 employés à temps plein et huit à temps partiel) à la porte juste avant Noël à la suite de la décision de l’arrondissement Rosemont—La Petite-Patrie de confier la gestion du programme Éco-quartier à la SODER. Aussi parce qu’il s’est senti berné. De son avis, le CÉGM n’a jamais même été considéré. «On a refusé de nous faire parvenir la grille d’évaluation. Avant de nous évaluer, ils sont dans l’obligation de nous la montrer. Ça nous aurait permis de monter notre dossier convenablement. Mais on va l’avoir, que ce soit par le biais de la Loi sur l’accès à l’information ou par l’ombudsman (Protecteur du citoyen)», avertit Érik Bassil.
La note de 100% était répartie comme suit: «le niveau d'expertise dans le domaine» valait 25%; «la connaissance et l'implication dans la communauté» comptaient pour 20%; «la capacité de concertation» totalisait 15%; «la saine gestion financière» et «la compréhension du mandat» valaient 10 % chacune. Mais ce que n’a pas eu le CÉGM, c’est le détail de ces catégories.
Le président du CÉGM en veut aussi à l’arrondissement d’avoir « ignoré » la pétition de 2800 noms réclamant que soit maintenu le programme Éco-quartier dans Marie-Victorin et Étienne-Desmarteau, tel que proposé par le CÉGM.
«Maintenant, plus rien ne me lie à l’arrondissement. Avant j’avais un contrat qui m’empêchait de parler, mais ce n’est plus le cas. Pour tout dossier environnemental, je pourrai m’opposer et faire pression. Je serai le chien de garde de l’environnement dans l’arrondissement», promet Érik Bassil.
Le maire de l’arrondissement, André Lavallée, ne voit pas pourquoi l’arrondissement aurait voulu nuire au CÉGM: « On a voulu donner une chance à tout le monde. On n’a pas écarté cet organisme.» La présidente de la SODER, Carole Poirier a préféré ne pas commenter les propos de M. Bassil, mais elle est heureuse de la tournure des événements: «Ce sera une meilleure offre de services au total, sans diminuer le travail qui a été fait auparavant.»
Le Boisé des Pères soutiré au CÉGM
Dans une lettre datée du 21 décembre 2007, le directeur de l’arrondissement, Paul Bourret apprenait à Érik Bassil que le programme Éco-quartier ne serait plus de son ressort et qu’il était remercié de ses services dans le dossier du Bois des Pères: «Par ailleurs, il convient également de vous remercier pour votre implication dans le Bois des Pères durant de nombreuses années. Cependant, de concert avec le Service du développement culturel, de la qualité du milieu de vie et de la diversité ethnoculturelle, nous avons identifié des actions à prendre au Bois des Pères et l’arrondissement entend maintenant prendre charge de celles-ci avec l’appui des spécialistes des services corporatifs concernés.»
Érik Bassil le prend personnel: «C’est nous qui avons fait renaître cet endroit. On nous a même remis un Phénix de l’environnement pour notre travail. Qu’est-ce qu’il faut de plus?» André Lavallée possède certaines informations qui n’étaient pas encore publiques: «M. Bourret a commandé une étude aux spécialistes du Jardin botanique et de la Ville qui ont découvert que beaucoup de travaux devront être refaits. L’étude sera déposée lors du prochain conseil d’arrondissement.» À suivre…