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Des appels à l’aide… à la vie

Semaine nationale de prévention du suicide

par Yannick Pinel
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Article mis en ligne le 5 février 2008 à 12:12
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Des appels à l’aide… à la vie
«Les bénévoles ont un canevas de fond à respecter. Un canevas auquel ils peuvent ajouter leurs couleurs», précise Michel Presseault. (Photo: Régent Gosselin)
Des appels à l’aide… à la vie
Semaine nationale de prévention du suicide
Exit les préjugés! Ce n’est pas la mort, mais bien la vie qui règne dans les locaux de Suicide Action Montréal. Aucune mine basse, que des sourires! «C'est pour l'espoir que nous travaillons et parfois, ne l’oublions pas, ce sont des vies que nous sauvons», de préciser Michel Presseault, le coordonnateur de cet organisme rosemontois qui fêtera l’an prochain son 25e anniversaire.

On souligne ces jours-ci la 18e Semaine nationale de prévention du suicide. D’où l’idée de rendre visite à Suicide Action Montréal (SAM), un organisme qui ne serait rien sans ses bénévoles. Ils sont 125 par année à lui donner un coup de main. Après avoir suivi une formation de 50 heures, offerte par l'organisme, les bénévoles doivent donner en retour 150 heures de leur temps. En moyenne, ils offrent 225 heures. «C'est la preuve que les bénévoles sont bien ici», considère Michel Presseault.

Les bénévoles de SAM sont une microsociété: «Nos bénévoles ont entre 18 et 78 ans et sont de différentes ethnies. Ce sont des hommes et des femmes. Des hétérosexuels et des gais.» Faut-il avoir tenté de se suicider pour devenir bénévole? «Je ne suis pas de ceux qui croient qu’il faut avoir vécu la souffrance pour aider les gens. Si je veux accompagner un mourant, est-ce que je dois être mort auparavant?», interroge ironiquement M. Presseault. «On ne cherche pas des gens qui ont tenté de se suicider, mais on n’en exclut pas non plus. C’est sûr que si quelqu’un vient nous voir et qu’il a tenté de se suicider il y a trois mois, on va lui conseiller d’attendre un peu et de s’occuper de sa personne plutôt.»

En tout temps, les bénévoles doivent compléter des quarts de travail de quatre heures. C'est le minimum requis. Armés d'un téléphone et d'un ordinateur, ils répondent aux appels des personnes suicidaires, des gens qui les côtoient ou encore d'individus qui ont perdu un être cher par voie de suicide. Une personne-ressource les encadre en tout temps. Les bénévoles y ont recours lorsqu'ils doivent résoudre des cas jugés «plus difficiles»: quelqu'un qui veut tuer une ou plusieurs personnes avant de s'enlever la vie, un cas de pacte de suicide, etc.

Certains cas sont-ils irrécupérables? M. Presseault est catégorique, la réponse est non: «Même s'il y a 99% de la personne qui veut mourir et 1% qui veut vivre, on va travailler avec ce 1%.» Et ne lui parlez pas de l'expression «voir la lumière au bout du tunnel»: «Un jour, j'ai demandé à quelqu'un s'il voyait la lumière au bout du tunnel. Savez-vous ce qu'il m'a répondu? Oui, je la vois et c'est celle du train qui fonce vers moi.»

Au dire du coordonnateur de Suicide Action Montréal, les gens suicidaires ne veulent pas se tuer, «ils veulent tuer leur souffrance... ce qui fait mal en dedans ». Qui sont les plus susceptibles à vouloir s’enlever la vie? Les hommes, les personnes atteintes de maladies mentales, les alcooliques, les toxicomanes et les gens qui ont tenté de se suicider antérieurement.

Mais bonne nouvelle, le nombre de suicides est en baisse. Selon les compilations de l’Institut national de santé publique du Québec, ce nombre a significativement diminué, passant de 1620 suicides en 1999 à 1238 en 2005. Comment s’explique-t-on cette diminution à Suicide Action Montréal? «C’est difficile à dire, mais nous croyons que la ligne 1-866-APPELLE, instaurée il y a six ans, y est pour beaucoup. Aussi le fait que le suicide est de moins en moins tabou, ce qui pousse les gens à en parler avant de passer à l’acte», estime celui qui est coordonnateur de Suicide Action Montréal depuis sept ans et employé depuis bientôt 18 ans.

Les personnes intéressées par le bénévolat peuvent contacter le 514 723-4000. Les gens en détresse, eux, sont invités à composer le 1-866-APPELLE (277-3553), une ligne d’urgence en service sept jours sur sept et 24 heures par jour.
Film choc pour les jeunes
Dans le cadre de la Semaine internationale de lutte contre le suicide, 7e Art distribution Inc. et Filmenbule Inc., en collaboration avec Suicide Action Montréal et le cinéma Beaubien, présentent le documentaire «Tiens ferme», de Sébastien Patenaude. Le film, mettant en vedette Dimitri Massicotte, sera présenté au cinéma Beaubien (2396, rue Beaubien Est) du 8 au 14 février, à 21h. Les projections du 9 et 10 février seront suivies d’un échange avec Jacques Moïse, spécialiste en matière de suicide chez les jeunes. La totalité de la recette guichet de la soirée du 9 février sera remise à Suicide Action Montréal.

(Photo: Régent Gosselin)

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