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Le carrefour Montrose lance un cri du cœur

L'organisme communautaire rédige un premier code d'éthique pour les bénévoles

Louise Potvin par Louise Potvin
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Article mis en ligne le 20 février 2008 à 12:00
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Le carrefour Montrose lance un cri du cœur
Lors du dévoilement de la Déclaration, les acteurs bénévoles de Montrose ont livré un témoignage en quatre scènes sur leur vision du bénévolat. Suivra sous peu la rédaction d'un manifeste sur la vision d'ensemble du bénévolat dans le milieu communautaire. (Photo : Jacques Pharand)
Le carrefour Montrose lance un cri du cœur
L'organisme communautaire rédige un premier code d'éthique pour les bénévoles
Nouvelle étape dans ce grand questionnement sur le bénévolat lancé peu avant Noël par le carrefour Montrose. Le 14 février, l'organisme dévoilait sa Déclaration sur l'action bénévole en milieu communautaire. Quelques principes qui devraient guider l'engagement volontaire des gens d'ici et, ultimement, de tous les grands cœurs qui s'activent à la grandeur du Québec.

Le Québec compte 200 000 bénévoles dont la grande majorité sont des femmes. L'état investit 8 M$ dans cette activité qui comprend 50 000 salariés oeuvrant dans quelque 8 000 organismes communautaires. «On évalue que cet investissement de l'État pourrait même atteindre deux milliards.» C'est en ces termes qu'Henri Lamoureux, conférencier invité lors du lancement officiel de la Déclaration concoctée par les gens de Montrose, a voulu démontrer l'importance de ce service pour les Québécois.

Le bénévolat est d'ailleurs loin d'être en perte de vitesse, particulièrement à Rosemont où les organismes communautaires essaiment. Par exemple, les 80 bénévoles du carrefour Montrose effectuent pour quelque 12 000 heures de travail non rémunéré: c'est 30 000 heures pour les 43 membres de la Corporation de développement communautaire de Rosemont.

Ces chiffres démontrent l'importance de la réflexion enclenchée par Montrose. Henri Lamoureux - aussi auteur de Le citoyen responsable et L'action communautaire. Des pratiques en quête de sens - qualifie d'ailleurs l'exercice d'essentiel si on veut éviter les dérapages. Sa principale crainte? Que l'État ne se déresponsabilise au profit de cette main-d'œuvre au grand cœur.
À travail égal...
Il est impératif que «les salariés du milieu communautaire, avec des tâches comparables à celles des employés de l'État, aient un salaire équivalent», soutient Henri Lamoureux. L'exemple de l'infirmière auxiliaire travaillant dans un CLSC, est patent: le communautaire peut faire un travail équivalent pour une fraction du coût, résume-t-il. «C'est un pensez-y bien», dit-il, ajoutant que, par le fait même, c'est toute la notion de compétence et de formation de la main-d'œuvre qui en prend pour son rhume.
Les femmes au front
Un désengagement étatique pourrait aussi opérer un impact négatif sur la condition féminine, souligne le conférencier. Elles qui ont travaillé durement pendant nombre d'années pour gagner leur indépendance financière en accédant au marché du travail, sont les premières sollicitées lorsque, par exemple, un proche nécessite des soins à domicile continus. «Un retour en force du bénévolat dans tout ce qui touche la vie familiale ne serait pas sans conséquence pour les femmes », craint M. Lamoureux.
Le bénévolat comme levier social
La notion de bénévolat a grandement évolué ces 40 dernières années. Au début de la colonie, le bénévolat était avant tout dicté par un sentiment religieux. Pendant la Révolution tranquille, le mouvement syndical a repris le flambeau pour soutenir ses travailleurs. Aujourd'hui, Henri Lamoureux considère que l'engagement citoyen est un levier important pour le progrès social et cite en exemple les grands dossiers environnementaux de l'heure – port méthanier, Suroît, mont-Orfort – où de simples citoyens ont consacré temps et énergie pour le bien-être des générations futures.
Réflexion
Le carrefour Montrose, qui offre des services aux personnes âgées, se penche depuis quelques mois sur l'action bénévole.
Une série d'ateliers a notamment permis à la population de répondre aux différentes questions sur ce vaste sujet.

Où s'en va le bénévolat, quelles sont ses finalités, pourquoi devient-on bénévole? Les bénévoles peuvent-ils être des initiateurs de changements sociaux? Et dans ce contexte, où tracer la frontière entre bénévolat et militantisme?

Premier constat? Le travail du bénévole se bureaucratise. «Sa tâche s'alourdit: on lui demande de plus en plus de faire des interventions qui nécessitent parfois une certaine spécialisation», bref, vouloir donner du temps semble aujourd'hui ne plus suffire, conclut Jacques Brosseau, directeur du carrefour Montrose.

(Photo : Jacques Pharand)

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