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La galerie dans la cuisine

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 3 mars 2008 à 14:30
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La galerie dans la cuisine
Audrey Lavallée et Chloé B. Fortin se définissent comme « des observatrices des enjeux actuels » que sont l'environnement et l'écologie. (Photo:Éric Carrière)
La galerie dans la cuisine
On rentre prendre une tasse de thé et, au passage, on se fait retenir par des œuvres qui nous interpellent. Bienvenue à la galerie du Projet Hop! Un nouveau lieu de diffusion qui vient d'ouvrir sur la rue Saint-Hubert, dans l'arrière-boutique du salon Une grenouille dans la théière.
La galerie a ouvert à la mi-janvier et propose jusqu'au 9 mars sa deuxième exposition, Disparaître, une vision collective de neuf artistes sur le thème du lien brisé. « Quand on regarde autour de nous, on a le sentiment de choses qui sont en train de se perdre, dans nos relations, avec l'environnement, la nature. On a voulu exprimer cette idée à travers le regard d'artistes qui partagent cette vision », explique Chloé B. Fortin.

Le Projet Hop !veut rassembler des créateurs dont le travail s'inscrit dans une dynamique de changement personnel, social ou environnemental. Nadia Moss, Luc Paradis, Melinda Pap, Marie Dauverné, sont quelques-uns des jeunes créateurs résidant dans le quartier qui participent à l'exposition en cours.
L'inspiration dans la nature
Chloé B. Fortin et Audrey Lavallée se sont lancées dans l'aventure sur un coup de tête. Les deux filles se sont rencontrées sur les bancs de l'Université Concordia, en éducation de l'art. Lorsqu'elles apprennent qu'un appartement se libère juste à l'arrière du commerce de leur amie Isabelle Gagnon-Zeberg, propriétaire d'Une Grenouille dans la théière, elles ont l'idée de le transformer en galerie d'art.
Adjacents au salon de thé, le salon et la chambre du petit 3 ½ deviennent des salles d'exposition. La cuisine accueille un coin boutique où l'on peut acheter divers objets : fanzines, BD, gravures, estampes.

Les deux artistes de la relève puisent leur inspiration dans la nature. Audrey crée des objets éphémères avec des matériaux naturels comme des aiguilles de pin. Chloé compose des portraits d'arbres à partir de pages de magazines recyclées.
Récupération vs consommation
Décoratrice dans le cinéma, elle confie avoir commencé à travailler avec des matériaux de récupération en réaction à la débauche de consommation qui l'entoure. « C'est fou ce qu'on gaspille sur les plateaux de tournage», constate-t-elle Consommation responsable, écodesign, détournement et récupération d'objets sont au cœur de leur démarche. « Nous pratiquons un art engagé, mais avec un parti pris d'esthétisme, avec une sensibilité. »
En profitant de l'ambiance conviviale du salon de thé, elles veulent favoriser un contact plus intime entre les œuvres exposées et le public. « On veut surprendre les gens, rompre avec l'image froide, hermétique et un peu snob des galeries d'art, en présentant des artistes qui ne sont pas renfermés dans leur bulle», indique Audrey Lavallée. La présence du salon de thé permet par ailleurs d'assurer la permanence des expositions selon ses heures d’ouverture habituelles, du mercredi au dimanche.

Projet Hop! s'inscrit dans un mouvement de renouveau de la rue St-Hubert, porté ces dernières années par le dynamisme de jeunes marchands qui soutiennent la production locale et l'achat responsable, comme La Loba, Pousse l'Ananas, La Terre et Moi ou encore Belle et Rebelle.

La petite galerie dans la cuisine a d'autres projets en tête, toujours en liaison avec l'environnement, entre autres une exposition consacrée à l'écodesign et aux objets utilitaires. Les artistes qui veulent exposer ont la possibilité de louer l'espace de manière ponctuelle. À la différence de beaucoup de galeries, celle-ci ne prend aucune commission sur les œuvres d'art exposées, uniquement sur les ventes d'œuvres en boutique.
5940 rue St-Hubert, www.projethop.blogspot.com.

(Photo:Éric Carrière)

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