À vos pelles! Cet hiver, les cinq souffleuses de l’arrondissement ont parcouru l'équivalent de cinq fois le trajet Montréal-Québec. Résultat? On gruge déjà sur le budget de déneigement de l’an prochain.
- (Photo: Régent Gosselin)<[:AC:]$ p>
Ah comme la neige a neigé
André Lavallée demande à Montréal d'établir un plan V pour le déneigement
L'été, c'est la propreté, l'hiver c'est le déneigement. Ces thèmes se succèdent au fil des saisons comme de sempiternels refrains venant hanter les élus municipaux. Et cet hiver a été dur, concède André Lavallée. Le maire de Rosemont–La Petite-Patrie croit aujourd'hui important que, compte tenu des soubresauts de Dame nature dans un contexte de changements climatiques, Montréal se dote d'un plan Ville pour affronter l'hiver.
Montréal sous la neige
Il fallait entendre les citoyens se succéder au micro, lors du conseil d'arrondissement de janvier, pour comprendre à quel point la neige paralyse nos activités quotidiennes. Un citoyen a raconté qu'il lui a été impossible d'être ravitaillé en huile à chauffage, d'autres ont déploré les interdictions de stationner qui se sont prolongées sur plusieurs jours – sur Saint-Michel en l'occurrence. Dans le district de Saint-Édouard, plusieurs ont dénoncé «les ratées» vécues lors des opérations de déneigement dans ce secteur.
Bris d'équipement, entrepreneurs mis à l'amande pour avoir tassé la neige sur les trottoirs, camions de chargement pris dans la circulation, incapacité pour les véhicules de l'arrondissement de circuler entre les voitures stationnées en travers de la rue, rareté des terrains pour entreposer la neige… En réponse à ces situations cauchemardesques, André Lavallée a clairement indiqué, vendredi en entrevue téléphonique, qu'il entendait convaincre Montréal d’adopter un plan Ville pour le déneigement. L’idée est lancée.
«Au moment où on se parle, on a reçu plus de neige que les deux hivers précédents réunis: dans l'arrondissement lors des deux tempêtes monstres d'avant Noël, on a dépensé un peu plus de deux millions et à ce jour, les souffleuses de l'arrondissement ont, à elles seules, traversé la moitié du Canada», a évalué André Lavallée. Et rien ne peut garantir que cette situation ne se répétera pas l’an prochain, a-t-il évoqué.
Et qui dit neige, verglas et vents violents, dit gros sous. Actuellement, on gruge sur le budget de l'an prochain. On devra donc oublier les surplus qu'on enregistrait depuis quelques années. « On ne sera pas obligé de couper dans les services aux citoyens – l’arrondissement peut compter sur d’autres sources de revenus, les permis par exemple – on sera simplement un peu plus limité », a nuancé le maire Lavallée.
Nos hivers d'antan
Pourquoi un plan V ? Parce qu'il n'y a pas que nos hivers qui changent, les pratiques aussi évoluent. Il faut se rappeler qu'en 1971, la tempête du 4 mars dite du siècle, a laissé les Montréalais sous 50 cm de neige, avec des vents soufflant jusqu’à 110 km/h. La métropole a été paralysée pendant une semaine. À cette époque, on déversait la neige directement dans le fleuve et dans la rivière des Prairies et on disposait d'immenses terrains vacants, celui du parc Lafond notamment, pour l'entreposage.
« Sur le pont de la Concorde, on avait 14 portes d'où les camions déversaient la neige au fleuve ». C'est sans compter qu'il y avait un demi-million de moins de voitures sur l'Île, a souligné André Lavallée.
Le 10 mars à 19 h, lors du conseil d’arrondissement, il y aura présentation du bilan des opérations déneigement et énoncé des stratégies futures. Rendez-vous au 5650, rue D'Iberville, 2e étage.