Vendredi dernier, les employés ont manifesté pour faire connaître leurs doléances sur la place publique.
(Photo: Jacques Pharand)
Le cœur de la Place de la mode se vide
La Golden Brand licencie ses 540 employés
Dans moins de quatre mois, la Golden Brand cessera définitivement ses opérations manufacturières dans l’édifice du 5800, rue Saint-Denis. Le syndicat des employés, le Conseil du Québec unis (Unite here), mène actuellement une opération de sauvetage. Première étape: s’attaquer à l’image de l’entreprise.
La Golden Brand occupe actuellement trois étages de la Place de la mode. Installée dans La Petite-Patrie depuis 25 ans, l'entreprise est spécialisée dans la confection de complets pour hommes pour les détaillants Men’s Wearhouse, aux États-Unis, et Moores, au Canada.
La Golden Brand est en excellente santé financière. La fermeture surprise s’expliquerait par la hausse de la valeur du dollar canadien, croit Gaétan Desnoyers, conseiller syndical au dossier. Et, comme bien des entreprises de l'industrie du textile l’ont fait ces dernières années, M. Desnoyers allègue qu'on déménagera la production, ce que la direction de la Golden Brand réfute. «Ils vont aller en Asie ou aux États-Unis, on ne le sait pas. Ce qu'on sait par contre, c'est que les gens ici sont prêts à se battre pour dénoncer cette fermeture. C’est indécent et immoral de fermer», clame M. Desnoyers.
«C’est comme pour l'entreprise Gildan, qui a fermé son entreprise ici pour s’établir en Asie alors qu’elle réalisait des profits faramineux. Gildan est partie pour en faire encore plus. C’est ça qui est indécent. C'est pareil pour Golden Brand qui pendant 20 ans, a profité de la faiblesse du dollar canadien et engrangé des profits», argue-t-il.
Des employés inquiets
Ces trois dernières années, le nombre d’employés est passé de plus de 1 500 à 540 à peine. On croyait ferme que la saignée était terminée. C'est d'ailleurs le message que véhiculait l'employeur, à quelques jours de la triste annonce. «L'an dernier, l'entreprise a fait 148 M$ de profit, indique Mariette St-Pierre, présidente du syndicat intérieur. Cette compagnie-là, on l’a fondée. On a demandé l’impossible aux travailleurs et ils n'ont pas ménagé leurs efforts. Des travailleurs au taux horaire de 12$, qui donnent autant, on voit rarement ça. Mais, pour être concurrentiels, ils ont embarqué.»
«On parle de gens qui ont en moyenne 51 ans et une dizaine d'années d'ancienneté: 40% sont des couples, plusieurs vivent dans le secteur immédiat – environ 60%. On a 57 nationalités dans l'usine, des gens qui pour la plupart ne connaissent que ce travail. Ça parle suicide là-dedans… Qu'est-ce qui attend ces gens? Une entreprise doit aussi avoir une conscience sociale.»
À ses côtés, Carole D'Amico et Ginette Roussin, ses collègues de travail, opinent du bonnet. En effet, l'ambiance dans l'usine est à zéro. Leur espoir? «Que le gouvernement mette ses culottes», dira Mme Roussin.
Atteindre l’image
La production qui sort de l'usine de la rue Saint-Denis est principalement destinée au marché américain. Sur la trentaine de modèles confectionnés, Place de la mode, seulement trois se retrouvent chez Moores. Actuellement on tente de mettre de la pression sur le propriétaire de l'entreprise américaine afin de le faire changer d'avis. @R:«Le moyen de les atteindre, au Québec, est par Moores. Il faut aussi les atteindre par Men’s Wearhouse, car ce sont des Américains qui achètent les actions, expose Lina A.Aristeo, directrice du Conseil du Québec unis.
Vendredi dernier, une première manifestation s'est déroulée devant le magasin Moores. «Rien ne sera négligé pour faire connaître la situation. On va mettre de la pression», assure Mme Aristeo.
«Une entreprise doit aussi avoir une conscience sociale»
Mariette St-Pierre
(Photo: Jacques Pharand)
Le Coeur de la Place de la Mode ferme ses portes.
Gilles DesrochersArticle mis en ligne le 24 mars 2008
Je suis en désaccord avec cette fermeture comme pour toutes les fermetures d'usines qui déménagent vers d'autres pays ou autres provinces par manque de support de la part du gouvernement, Heureusement l'ADQ, à son congrès du 15 et 16 mars a voté une proposition pour prendre les moyens afin de garder nos industries ainsi que nos professionnels dans notre province et si possible de rapatrier ceux et celles qui ont quittés.
Gilles Desrochers.