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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Stopper l'hémorragie dans l'industrie du textile

Louise Potvin par Louise Potvin
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Article mis en ligne le 18 mars 2008 à 16:21
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Stopper l'hémorragie dans l'industrie du textile
«Un capitalisme sauvage n’a pas sa place particulièrement lorsqu’une entreprise fait des profits importants, s'indigne Bernard Bigras. Pour sa part, Nicolas Girard réclame de Québec un plan d’action solide pour répondre à la crise du textile. (Photo: Jacques Pharand)
Stopper l'hémorragie dans l'industrie du textile
La fermeture de la Golden Brand est l'une des plus mauvaises nouvelles économiques à survenir dans Gouin ces dernières années, souligne Nicolas Girard, député du comté. Golden Brand occupe 230 000 pi2, «c'est le tiers de la Place de la mode qui se vide d’un coup», indique ce dernier.
Bon citoyen corporatif
M. Girard et Bernard Bigras, député de Rosemont–La Petite-Patrie, veillent d'ailleurs au grain. Les politiciens ont rencontré la direction et pris contact avec le syndicat. «Il y a beaucoup d’immigrants dans cette entreprise: 80 % des 540 employés sont des femmes. La plupart des gens sont peu scolarisés. C’est un drame humain», fait valoir Nicolas Girard.
«C’est une entreprise qui est rentable. Elle existe depuis 1961, et est établie dans La Petite-Patrie depuis 25 ans, poursuit le jeune député. Des gens y ont travaillé toute leur vie professionnelle. Et si l’entreprise est aussi performante, elle le doit à ses travailleurs».

«L’entreprise doit agir en bon citoyen corporatif, s'indigne Bernard Bigras. Un capitalisme sauvage n’a pas sa place particulièrement lorsqu’une entreprise, comme la Golden Brand, fait des profits importants. L’entreprise doit comprendre que la qualité de ses produits, elle le doit à ses travailleurs.»
Une industrie en péril
Nicolas Girard presse actuellement le gouvernement libéral d’initier, à l’instar de l’Ontario, un plan d’action pour répondre à la crise manufacturière qui frappe de plein fouet les travailleurs de ce secteur. «L’Ontario a déposé un plan de 3,6 milliards de dollars alors que celui du Québec est de 50 millions de dollars. On ne joue pas dans la même ligue…» C'est en ces termes qu'il a soumis sa requête devant l'Assemblée nationale, jeudi dernier.

Il qualifie de «peu satisfaisante», la réponse de Raymond Bachand, ministre du Développement économique. Ce dernier s'est rabattu derrière les programmes existants d'Emploi-Québec et n'a montré aucune ouverture quant à la mise en place d'une stratégie provinciale plus étoffée.
De son côté, Bernard Bigras incitera, dans les prochaines semaines, le gouvernement conservateur à sauver ce qui reste de l'industrie du textile au Québec.

La fermeture de la Golden Brand s’ajoute aux nombreuses autres survenues ces dernières années dans ce secteur économique. Rien qu'en 2006, 16 000 emplois ont disparu, soit 40 % de toute cette industrie.

«Lorsqu'un certain nombre de pays comme la Chine, et d'autres pays émergents, ont décidé de se joindre à l’OMC [Organisation mondiale du commerce] ils ont signé un protocole, ce qu’on appelle des mesures de sauvegarde. Les pays peuvent alors établir des quotas d’importation sur certains produits. Dans le cas qui nous concerne, on voit l’importation massive de vêtements en provenance de la Chine. Le gouvernement peut utiliser cette mesure de sauvegarde, valide pendant cinq ans», le but étant de maintenir les emplois locaux, lorsque la mondialisation crée une concurrence importante qui menace un secteur industriel, résume Bernard Bigras.

Le gouvernement conservateur doit aller de l'avant avec les mesures de sauvegarde, maintient-il. Cette disposition pourrait permettre à l’entreprise du 5800, Saint-Denis de se moderniser pour demeurer concurrentielle, donne en exemple le député de Rosemont- La Petite-Patrie.

«Le tribunal canadien du commerce international a recommandé au gouvernement fédéral d’utiliser les dispositions prévues par l’OMC, en rapport aux mesures de sauvegarde», il serait temps qu'on agisse afin de stopper l'hémorragie, expose Bernard Bigras.

Pour l’instant, les deux députés locaux tablent sur la survie de l’entreprise. Mais l'espoir est mince.

«Si Golden Brand ne reconsidère pas sa décision de fermer ses portes, je vais m’assurer de faire le lien entre Emploi-Québec et les travailleurs. Il faut éviter que ces gens se retrouvent à l’aide sociale», dit M. Girard.

(Photo: Jacques Pharand)

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