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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Battements d'ailes au Jardin botanique

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 19 mars 2008 à 12:00
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Battements d'ailes au Jardin botanique
Georges Brossard s'apprête à lancer un des 15 000 papillons qui animeront la Grande serre. Un exemple à ne pas imiter toutefois. Toucher à leurs ailes risquerait de mettre la vie de ces fragiles insectes en péril. (Photo:Jacques Pharand)
Battements d'ailes au Jardin botanique
Chaque année, c'est le même enchantement. Alors que l'hiver s'éternise sur la ville, l'événement Papillons en liberté, qui se poursuit jusqu'au 27 avril dans la Grande serre du Jardin botanique, vient apporter une touche de magie et de lumière salutaire. La 11e édition accueille, pour la première fois sous nos climats, des centaines de papillons venus d'Afrique.
L'Insectarium et le Jardin botanique nous proposent cette année de nous laisse envoûter par les charmes de l'Afrique. Pour la première fois au Canada, les organisateurs de l'exposition ont fait appel à des fermes d'élevage équitables africaines, comme celle de Kipepo, au Kenya, et d'Amani, en Tanzanie. Une fois emballée avec soins, la précieuse marchandise, qui se présente sous forme de chrysalides, a pris l'avion pour rejoindre nos latitudes. Ces fermes réinvestissent par la suite leurs profits dans la communauté locale.

En Afrique, plusieurs peuples considèrent les papillons comme porteurs d'une puissance symbolique. Au Burkina Faso et au Mali, par exemple, ils annoncent le retour de la pluie nourricière et sont célébrés par des danseurs aux masques décorés de motifs rappelant ceux qui ornent leurs ailes. Au sud de l'Afrique, cousus et remplis de petites pierres, les cocons agissent comme des grelots dont le son est réputé chasser la maladie.

Le papillon vedette de cette édition: le Papilio demodocus, est un habitant très actif de l'Afrique sub-saharienne. Dans la Grande Serre, la femelle pourra être observée à pondre ses œufs sur sa plante hôte, le <@Ri>Citrus Un loisir sain
Georges Brossard, le coloré fondateur de l'Insectarium de Montréal, était aux premières loges, le 21 février dernier, pour procéder à un lancé symbolique de papillons dans la Grande serre. Entouré d'enfants, il les a invités à «couper le fil qui les lie à la peur» pour approcher des insectes réputés dangereux, comme le scorpion et la mygale.
«L'Insectarium a été fait pour les enfants, il y a une quinzaine d'années. C'est un loisir sain. Pas de violence, pas de sexe, pas de drogues ici !» a-t-il lancé avec son style provocateur.

Selon lui, l'institution muséale n'en est qu'à ses balbutiements et sera appelée à prendre de l'ampleur, au cours des prochaines années, en raison de l'intérêt croissant pour les questions environnementales. «L'Insectarium va prendre une plus grande responsabilité sociale en éduquant et sensibilisant la population. On peut aider à la dépollution, à l'éducation populaire. On peut sensibiliser les jeunes à devenir meilleurs en leur montrant la beauté de la vie et comment la protéger», déclare-t-il.
Un monde qui fascine
L'explorateur au look d'aventurier n'hésite pas à enfoncer des portes et à secouer les universitaires pour arriver à ses fins. Et cela marche. Sa dernière réalisation : l'insectarium de Québec, inauguré en avril 2007. Prochaine ville à épingler à son tableau de chasse : la Nouvelle-Orléans, où la Société Audubon lui a confié la conception d'un insectarium de 55 millions.
«Il y a beaucoup à faire, estime le chasseur de bibittes. Le monde des insectes fascine et possède beaucoup de potentiel pour captiver un public jeune et moins jeune.»

La nouvelle directrice de l'Insectarium de Montréal, Anne Charpentier, est pleinement consciente de cette mine d'or. «Au cours des prochains mois, nous voulons développer plus d'activités pour les jeunes et travailler à mieux mettre en valeur nos collections, qui sont d'une richesse inestimable», confie-t-elle.

Et la recherche dans ce domaine a encore de beaux jours devant elle. Selon Georges Brossard, on connaît aujourd'hui environ 4 000 sortes d'insectes, ce qui ne représente qu'à peine la moitié des espèces existantes. Une bonne occasion d'œuvrer à la conservation de la biodiversité, alors que les scientifiques estiment que trois espèces animales ou végétales disparaissent chaque jour de la surface de la Terre.

<@CP">(Photo:Jacques Pharand)

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