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Caffè mille gusti: Entre tradition et modernité

par Anne-Marie Tremblay
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Article mis en ligne le 20 mars 2008 à 12:00
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Caffè mille gusti: Entre tradition et modernité
La photo de l'ancien cordonnier, qui a occupé le 1038, rue St-Zotique pendant 50 ans, trône en bonne place au Caffè mille gusti, récipiendaire d'un prix de l'Opération patrimoine architectural de Montréal 2007. (Photo: Jacques Pharand)
Caffè mille gusti: Entre tradition et modernité
L'odeur de cuir a laissé place aux effluves de café, au 1038, rue Saint-Zotique... Mais l'âme de l'ancien cordonnier, qui y a travaillé pendant 50 ans, est encore présente au Caffè mille gusti. En reprenant son local pour y établir leur troquet, Joe Scalia et sa conjointe Jennifer Corrente ont réservé une place de choix au cordonnier.
«J'ai voulu conserver l'héritage du bâtiment», indique Joe Scalia, qui dirige depuis un an et demi le petit estaminet où les cafés lattés et expressos coulent à flot et où les clients se connaissent pas leur prénom. Lui et sa femme ont travaillé pendant près de trois ans pour renipper l'endroit où trône, en guise de souvenir, la photo du cordonnier Barbeau.

«Toute la façade a été conservée et restaurée, ainsi que les fenêtres et boiseries à l'arrière. Il est certain qu'il aurait été beaucoup plus facile de repeindre que de décaper, par exemple, mais nous voulions garder l'héritage du bâtiment qui date de 1920», raconte fièrement Joe Scalia. Mission accomplie puisque les rénovations ont d'ailleurs valu au commerce un prix de l'Opération patrimoine architectural de Montréal 2007.

Même s'il ne s'intéressait pas particulièrement au patrimoine avant de se lancer dans l'aventure, la rénovation du local lui en a donné la piqûre. Et l'intérieur, avec ses boiseries, moulures et photos d'époque, témoignent de cet intérêt. «Il ne faut pas oublier que la modernité puise ses racines dans ce qui a déjà été fait.» Il faut donc un certain respect du passé. Le plafond, travaillé à l'ancienne, ajoute également du cachet à l'endroit. «Beaucoup de gens qui sont passés devant la cordonnerie depuis de nombreuses années entrent ici et sont fort impressionnés par la transformation!»

Malgré le succès de son commerce, Joe Scalia a hésité avant de se lancer dans l'aventure. «Ici, c'était un quartier très pauvre. J'ai pris une chance. De plus, ce n'était pas tellement passant», se rappelle le jeune trentenaire. Son arrivée a fait boule de neige. Aujourd'hui, le secteur semble en pleine effervescence: une papeterie s'est installée en face, quelques restaurants ont ouvert leurs portes et une épicerie mexicaine devrait même être inaugurée d'ici peu.
«La modernité puise ses racines dans ce qui a déjà été fait.» @CSi:Joe Scalia

(Photo: Jacques Pharand)

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