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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Tibet: Une solution plus laïque que religieuse

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 25 mars 2008 à 14:09
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Tibet: Une solution plus laïque que religieuse
Le cinéaste Hugo Latulippe s'est rendu à plusieurs reprises clandestinement au Tibet entre 1996 et 2004 pour tourner le film Ce qu'il reste de nous, où l'on voit une Tibétaine réfugiée au Québec porter un message filmé du dalaï-lama dans les villages. Il nous livre sa vision des événements qui agitent le territoire.
Qu'est-ce qui vous a incité à devenir parrain de Tibet Libre, coopérative de solidarité ?
Faire des films a quelque chose de très éphémère. Souvent, après la projection de mes films, les gens me demandent ce qu'ils peuvent faire concrètement pour changer les choses. La coopérative Tibet Libre et un moyen concret et original que je n'aurais jamais pu imaginer. Personne n'a individuellement la solution pour changer le monde, mais des initiatives comme celle-là, mises bout à bout, peuvent peser dans la balance.
Comment réagissez-vous aux événements qui se passent au Tibet actuellement ?
Visiblement, les Chinois sont en train de boucler le territoire. Sur les images prises par les caméras, on voit des gens qui disparaissent dans des camions. Quand on connaît les pratiques du gouvernement chinois, on peut penser qu'ils vont disparaître pour longtemps, être torturés ou exécutés.
Que pensez-vous de la position du Canada dans ce dossier ?
Quand on entend dire par le gouvernement du Canada que la situation s'améliore au Tibet, c'est de l'hypocrisie pure et simple. Tant que la chape de plomb qui pèse depuis des années sur cette région ne sera pas levée, il n'y aura pas de progrès. Il faut que la Chine ouvre les portes du territoire et que les journalistes puissent rentrer faire leur travail. Alors seulement on pourra parler d'évolution.
Comment pourrait-on faire pression sur le gouvernement chinois ?
On pourrait faire jouer l'arme économique. Plusieurs entreprises canadiennes sont très actives en Chine. Il y a de gros intérêts. Bombardier, par exemple, doit fournir les wagons pour le chemin de fer Chine-Tibet. Plusieurs compagnies minières canadiennes sont très présentes.
Devrait-on boycotter les Jeux olympiques de Pékin ?
Au contraire. Les Jeux olympiques sont l'occasion pour que les journalistes étrangers puissent enfin entrer sur le territoire tibétain. On ne devrait pas aller jusqu'au boycott, car la meilleure solution actuellement, c'est que le plus de monde possible aille sur place pour témoigner de ce qui se passe.
Le Dalaï-Lama est-il encore un leader reconnu par les Tibétains?
Plusieurs médias ont affirmé que les jeunes Tibétains en avaient assez de la stratégie du Dalaï-Lama, qu'il n'était plus qu'une figure romantique. Quand on se rend sur place, on perçoit tout de même que la culture bouddhiste reste bien ancrée chez les jeunes. Il n'en reste pas moins que la vision de la solution pour le peuple tibétain sera plus laïque et concrète que religieuse.

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