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Les Montréalais devront-ils lâcher l'accélérateur?

par Anne-Marie Tremblay
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Article mis en ligne le 21 avril 2008 à 9:00
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Les Montréalais devront-ils lâcher l'accélérateur?
Réduction de la vitesse: le ministère des Transports du Québec devrait trancher sous peu. (Photo: Jacques Pharand)
Les Montréalais devront-ils lâcher l'accélérateur?
La Ville de Montréal pourrait d'ici quelques jours recevoir l'autorisation du ministère des Transports pour aller de l'avant avec son projet visant à réduire la vitesse maximale dans les rues locales de 50 à 40 km/h. Les députés péquistes Nicolas Girard – Gouin – et Rita Dionne-Marsolais – Rosemont – ont bon espoir.

L'automne dernier, lors de la présentation du projet de loi, le cocus du Parti québécois avait signifié son appui au projet montréalais. Les deux députés locaux constatent qu'une grande majorité de la population se montre favorable à une telle mesure.

Une réduction de 10 km/h fait la différence, surtout en milieu défavorisé. Les chiffres sont d'ailleurs éloquents. «Les risques sont de 4 à 5 fois plus élevés pour les enfants de se faire hospitaliser après s'être fait heurter par un véhicule dans les quartiers pauvres que dans les quartiers plus aisés», analyse Patrick Morency, médecin spécialiste en prévention des blessures à la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal, aussi auteur d'une recherche sur ce sujet. La moitié (52 %) des piétons montréalais blessés se concentre dans cinq arrondissements: Ville-Marie, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Rosemont–La Petite-Patrie, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

À l'échelle montréalaise, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve arrive au troisième rang des blessés de la route, juste après Ville-Marie et Villeray–Saint-Michel-Parc-Extension. Ces chiffres dénombrent les accidents où piétons, cyclistes, motocyclistes ou automobilistes ont été blessés et où Urgences-santé a dû intervenir.
Trop peu, trop timide
Ces quelque 10 km/h en moins feront-ils la différence? Daniel Bouchard, du Conseil régional en environnement de Montréal (CRE-Montréal), considère que la modification de la vitesse à elle seule n'a aucun effet. Il cite une étude menée par la docteure Bellalite, de l'Université Sherbrooke, qui conclut que «la baisse indue de la limite de vitesse n’a pas d’effet probant sur le comportement des conducteurs.»
Quant à Patrick Morency, il qualifie souhaiterait voir la limite abaissée à 30 km/h. «La vitesse d'impact a une incidence majeure sur la proportion de collision et sur la sévérité des blessures. À partir de 30 km/h, les risques de décès et de blessures augmentent.»
Un exemple à l'étude
Tétreaultville entre déjà dans la danse. Lors du conseil de mars, l'arrondissement a adopté une résolution pour réduire la vitesse de la circulation locale. Quartiers verts, interdiction de tourner à gauche sur Sherbrooke, élargissement de trottoirs, ajout de pistes cyclables, plantation d'arbres: voilà quelques mesures d'apaisement de la circulation étudiées par cet arrondissement montréalais.
En collaboration avec Louise Potvin

(Photo: Jacques Pharand)

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