Hiver 1958 - Tempête sur l'assemblée annuelle
Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens
Hiver 1958 – 5675, rue Lafond. La dernière grande tuerie mondiale s’embrume à peine dans les mémoires qu’une nouvelle guerre, froide celle-là, bat déjà son plein entre les nouveaux camps occidental et soviétique. Au cours de ces années 1950, elle affectera peu les gens de Rosemont dans la mesure où l’emploi et la prospérité d’après-guerre sont au rendez-vous alors que les Ateliers Angus roulent toujours à la vitesse supérieure. Au Rosemount Boy’s Club, l’attention est plutôt tournée vers les garçons et les filles car, comme le dit leur slogan : « Boys and Girls are Big Business ».
Au milieu de la décennie, plus de trente-cinq activités différentes sont déjà établies et très fréquentées. Le camp d’été demeure sans conteste le grand succès du Boy’s Club : 192 jeunes s’inscrivent au Summer Camp en 1951 et plus de 8 300 en 1958 ! Les installations récréatives sur les rives du lac Saint-Joseph à Saint-Adolphe d’Howard y sont sans doute pour quelque chose : excursions, bricolages, activités sportives, compétitions inter-clubs ainsi que baignade et natation sont au menu.
Le directeur général du Boy’s Club de Rosemont, Arthur Williamson, consacre énormément d’énergies à la collecte des dons pour enrichir les équipements. En ces années de mise en place des programmes, il doit aussi voir à freiner le roulement du personnel qui affecte les opérations, surtout du côté des jeunes filles. Signe des temps, on commence à présenter des chiffres qui tiennent compte de la provenance religieuse (les protestants et les catholiques) à partir de 1957. Inexorablement, la communauté rosemontoise évolue au rythme de la révolution tranquille.
Au niveau du programme social, la projection des films chaque vendredi soir s’impose. Surtout avec ce projecteur tout neuf qui diffuse aussi une bande sonore à partir de 1956. Le Boy’s Club se dote même d’une patinoire grâce à la participation de la Ville de Montréal. Mais la collaboration du Viscount Sea Corps Cadets et de la Welfare Federation of Montreal s’avère toujours essentielle à son fragile équilibre budgétaire.
Malgré la générosité de ses parrains Kinsmen, le Rosemount Boy’s Club est toujours à la recherche de financement pour ses équipements, ses uniformes, etc. Malheureusement, lors de son 10e anniversaire d’opérations en 1958, le Rosemount Boy’s Club est encore dépendant de l’entente avec la Welfare Federation of Montreal, qui emploie notamment son stand de tirs. Et cette organisation connaît des années déficitaires. Qui plus est, une formidable tempête de neige perturbe la tenue de l’assemblée annuelle en cet hiver de 1958 si bien que la réunion doit être remise d’une semaine. Cet événement de mauvais augure met aussi en relief l’usure d’un immeuble et d’équipements utilisés à plein régime depuis dix ans. De 1949 à 1959, plus d’un demi-million de jeunes garçons et filles l’ont fréquenté !
La décennie s’achève alors que l’immeuble du Rosemount Boy’s Club commence à souffrir de l’outrage des ans. À son entrée dans sa deuxième décennie d’existence, les nuages s’amoncellent à l’horizon du Club de la rue Lafond .