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Journal de Rosemont / Petite-Patrie
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Le Centre des femmes de Rosemont a 25 ans

par Daniel Richard
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Article mis en ligne le 3 mai 2008 à 9:00
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Le Centre des femmes de Rosemont a 25 ans
«Nous continuerons d’informer et de venir en aide aux Rosemontoises», affirme Josée Martel, directrice du CFR.
Le Centre des femmes de Rosemont a 25 ans
Le tout commençait il y a 25 ans. Cinq femmes déterminées organisaient une manifestation portant sur la Journée internationale des femmes. Le Carrefour était alors créé. Un quart de siècle plus tard, l'organisme qui s’appelle désormais le Centre des femmes de Rosemont (CFR), est toujours bien présent et veut aller plus loin avec un projet de maison de ressourcement pouvant accueillir celles qui en ont un besoin urgent. Trois responsables du CFR nous parlent de leurs projets, de leurs faits d'armes et du chemin parcouru.
Le rêve
Le CFR chérit un rêve depuis longtemps: offrir aux Rosemontoise un triplex pour les accueillir en cas d’urgence. Violence conjugale, violence envers les aînées... sans être un refuge, l'endroit permettrait aux femmes de souffler un peu pendant leur court séjour. Ce service d’urgence serait un endroit où les femmes en danger pourraient se réfugier en attendant la venue des policiers, donne en exemple Céline Laberge, organisatrice communautaire, l'une des fondatrices du Centre. «Même si les démarches ne sont pas encore très avancées, nous sommes convaincues qu’un jour, nous offrirons ce service aux femmes de l’arrondissement. Lorsque ce triplex sera construit, je pourrai enfin dire que j’ai accompli ma mission.»
La maison pourrait également se doter d’une garderie. «Présentement dans nos locaux, il est impossible d'offrir ce service à celles qui ont besoin d’aide», précise Mme Laberge.
25 années de fierté
Malgré un parcours plutôt sinueux, ces militantes éprouvent une énorme fierté quand vient le temps de se remémorer les causes auxquelles elles ont participé. «Le Centre a mené de nombreux combats, que ce soit pour le droit à l’avortement, le contrôle des armes à feu, etc. Je crois également que nous avons réussi à impliquer davantage les femmes du quartier, sur le plan de leur condition personnelle», analyse Mme Laberge.
« Pour ma part, je suis très heureuse de constater que de nos jours, les femmes ont le droit à leurs opinions. La libre expression est maintenant respectée. Il y a 25 ans, les femmes ne pouvaient pas montrer leur colère, alors qu'aujourd’hui, nous prenons ce droit», ajoute Michelle Gagnon, présidente du conseil d'administration.
Éducation populaire
L'organisme propose des cafés-rencontre hebdomadaires où les participantes ont de l'information, échangent, réfléchissent et se prononcent sur des thèmes variés. «Nous les encourageons aussi à assister aux séances du conseil d'arrondissement et à poser des questions sur des sujets qui les préoccupent», une démarche qui stimule leur intérêt face à la démocratie, résume Josée Martel, directrice du CFR. Cet exercice s'inscrit d'ailleurs au cœur du projet de Déclaration citoyenne, document élaboré il y a un peu plus de deux ans par l'organisme.

La condition féminine s’est grandement améliorée au cours des 25 dernières années, constatent ces femmes d'action. Mais toutes trois demeurent réalistes. «La situation de la femme est encore fragile. Nous n’avons pas l’impression que nos victoires sont complètement acquises. Prenez le cas de l’avortement par exemple, encore aujourd'hui c'est un débat de société...», commente Mme Laberge. «Au fond, notre plus grand rêve est de ne pas avoir à se battre constamment pour obtenir justice », souhaite pour sa part Michelle Gagnon.
Le CFR est situé au 5350 rue Lafond. Pour de l'information: 514 525-3138
Régent Gosselin)<@$p>
Statistiques sur la condition féminine – 2000-2001
Les femmes représentent 53 % de la population de Rosemont- La Petite-Patrie: ce nombre s'élève à 62,8 % chez les 55 ans et plus

30,1 % des Montréalaises vivent sous le seuil du faible revenu

Les femmes sont plus nombreuses à éprouver de l’insécurité alimentaire: 18% de femmes contre 13% d'hommes

Elles sont victimes d’agression sexuelle à 86 %, de harcèlement criminel à 78 % et d’enlèvement ou de prise d’otage à 67 %

Source: Déclaration citoyenne du Centre des femmes de Rosemont

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