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Journal de Rosemont / Petite-Patrie
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Juin 1967 - Petit train va toujours loin

Hélène Dagenais, directrice générale par Hélène Dagenais, directrice générale
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Article mis en ligne le 12 mai 2008 à 11:00
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Juin 1967 - Petit train va toujours loin
Juin 1967 – 5675, rue Lafond. Révolution des mœurs ici, révolution tranquille, là … Au Boys Club de Rosemont, la décennie 1960 débute, si l’on peut dire, par une douche froide : il faut refaire les planchers dans les douches qui ne supportent plus l’humidité libérée par un demi-million d’utilisateurs depuis 1949. Et cela coûte cher… Mais les acrobaties auxquelles se livrent les dirigeants pour maintenir un équilibre budgétaire toujours fragile n’entame pas le moral des troupes. Les équipes sportives du Rosemount Boys Club font toujours la fierté des résidants, des bénévoles ainsi que des entreteneurs du Club, les Kinsmen d’abord et la United Red Feather Service.
Signe des temps, le concours pan canadien de rédaction du Reader’s Digest couronne même un jeune membre francophone du Boys Club de Rosemont en 1963, Marcel Joly. Le nouveau directeur général, Jack Redsell, fait preuve d’une grande clairvoyance dans son rapport d’activités : la communauté anglophone de Rosemont se fait méthodiquement prendre de vitesse par des francophones dont les élites viennent tout juste de célébrer en grande pompe l’ouverture d’Expo 67, après l’inauguration du métro à Montréal, un an plus tôt.

Un Québec moderne voit le jour et plusieurs de ses habitants le découvriront en même temps que la planète, invitée sur les îles cet été-là. Grâce à la générosité habituelle du Club Rotary de Montréal ainsi que celle des fidèles Kinsmen, les membres du Boys Club sont munis des fameux passeports donnant accès à l’Expo. Et pendant que le Sgt. Pepper et sa bande entonnent un hymne qui fera époque, les gars et les filles du Club enregistrent, eux, les succès. Championnat ici, titre municipal là, les équipes de basketball, de soccer, de football et de hockey du Boys Club brillent sous la conduite des Redsell, Atkinson et autres Draper.

Mais les nuages se font de plus en plus insistants … L’industrie canadienne du rail, qui fait vivre tant d’habitants du quartier, connaît des heures de plus en plus sombres avec ces damnées routes et ces transporteurs qui se dressent sur son chemin. La communauté rosemontoise commence à vivre des années difficiles. Le système scolaire, fer de lance de l’État québécois, intègre graduellement les sports d’équipe à des réseaux organisés sous la gouverne de ses récents diplômés. Les Boys Club feront bientôt face à un formidable concurrent dans l’accomplissement de la besogne de garder les jeunes hors des rues.

Pour l’instant, petit train va toujours loin. La progression spectaculaire du membership francophone fait échec à la traditionnelle soirée de projection, en anglais, des vendredis soirs qui disparaîtra définitivement du programme l’année suivante. Le Rosemount Boys Club dépasse les 1000 membres (800 garçons et 250 filles) alors que 1969 conclut une décennie où la jeunesse bouscule l’ordre établi et où les technologies propulsent l’Homme jusque sur la lune.

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