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Une première coopérative de santé à Montréal ?

André Desroches par André Desroches
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Article mis en ligne le 22 mai 2008 à 9:00
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Une première coopérative de santé à Montréal ?
On estime que sur le territoire du Centre de santé et de services sociaux du Coeur-de-l'Île, environ 15 000 personnes cherchent un médecin de famille. (Photo: Jacques Pharand)
Une première coopérative de santé à Montréal ?
Plusieurs idées pour améliorer la qualité de vie dans le quartier Villeray ont fusé lors d'un grand forum social tenu il y un an. L'une d'elles pourrait profiter aux citoyens de la Petite Patrie : la création d'une coopérative de santé. S'il en existe treize au Québec, il s'agirait de la première à Montréal. Un comité qui réfléchissait jusqu'ici à la possibilité de réaliser ce projet vient de se muter en comité promoteur. Les choses semblent bien enclenchées.

On trouve au coeur de ce comité des citoyens appuyés dans leur démarche par le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Coeur-de-l'Île, le Regroupement pour le développement de Villeray (RDV) et la Corporation de développement économique communautaire (CDÉC) Centre-Nord.

Lors du forum social, les gens ont exprimé la «préoccupation d'avoir un meilleur accès aux services de santé, surtout l'accès à un médecin de famille», rappelle le coordonnateur du RDV, Andrés Fontecilla. Les besoins sont importants (voir autre texte en page…). On soulignait aussi les limites des services sans rendez-vous. Avec la mise sur pied d'une coop de santé, on «veut augmenter l'offre médicale», résume M. Fontecilla.

«Il faut trouver d'autres solutions. Il faut inventer. Tous les modèles qui facilitent l'accès à un médecin de famille, il faut les encourager», estime Daniel Fecteau, chargé de projet des relations avec les médecins de première ligne au CSSS.

«Le projet de coopérative suscite de l'intérêt, de la curiosité chez les gens à qui on en parle. Les gens sont en recherche d'autres solutions, d'autres façons de faire. Le terreau est fertile», observe Sylvain Larouche, organisateur communautaire au CSSS.
Coopérative de solidarité
La coopérative projetée engloberait les quartiers Petite Patrie et Villeray – le territoire couvert par le CSSS du Coeur-de-l'Île.
On propose un modèle de «coopérative de solidarité», explique Denis Missud, agent de développement au service de l'entrepreneuriat collectif à la CDÉC Centre-Nord; une formule mixte reposant sur la participation des citoyens usagers, des médecins et sur celle des autres professionnels et travailleurs de la santé.

Le modèle de coop met le citoyen au cœur des décisions sur sa santé. «Les gens peuvent avoir une emprise», note Andrés Fontecilla. On «mise sur la participation des citoyens dans la prise en charge de leur santé et dans la gouvernance des ressources pour y répondre».

Le comité promoteur souhaite inscrire la coop dans une «approche globale de la santé qui mise autant sur la prévention, le maintien et l'amélioration».

Le modèle mis de l'avant se veut ouvert aux diverses approches de médecine traditionnelle et alternative, signale par ailleurs Denis Missud.

On évoque déjà des services qui pourraient être développés : services infirmiers et de médecine familiale avec et sans rendez-vous, accès à des services diagnostiques de base (prélèvements, radiologie, etc.), activités d'information et d'éducation à la santé, services de pharmacie communautaire, etc.

Devenir membre d'une coopérative implique le paiement d'une part sociale. Denis Missud explique qu'elle devra être fixée pour «faire en sorte que ça ne freine pas l'accessibilité». La plupart des coopératives de la province demandent une cotisation de base et une cotisation annuelle, précise-t-il.
Trouver des médecins
L'enjeu pour la coop sera «de trouver des médecins qui ont envie de faire autre chose», estime Denis Missud.
Pour Daniel Fecteau, une coopérative risque d'en attirer. Les médecins vont adhérer dans la mesure où on leur propose un modèle de pratique intéressant, croit-il. «Il y a des médecins qui sont prêts à bouger.»

Le nombre de cliniques médicales chute au Québec. Plusieurs médecins se détournent de la formule. Le temps consacré à la gestion de la clinique est du temps retranché à la pratique. Et les coûts d’opération ont augmenté. «Les jeunes médecins ne vont pas en clinique», note M. Fecteau. De plus, constate-t-il, «les médecins ne veulent pas travailler seul. Ils veulent travailler en équipe».

«On veut offrir une structure où le médecin est dégagé de l'aspect administratif», précise Denis Missud.

Pour Sylvain Larouche, il y a également pour le médecin «l'intérêt de travailler avec des gens qui veulent prendre en charge leur santé».

On souhaite donc élargir le comité promoteur. Il y a beaucoup de boulot à abattre : création en bonne et due forme de la coopérative de solidarité, rédaction d'un premier plan d'affaire, recrutement des membres, recherche d'un local, etc. Les personnes intéressées à collaborer au projet peuvent communiquer avec le comité promoteur au 514 948-6117 poste 234 ou à coopsante@cdec-centrenord.org. Le document d'orientation est disponible au www.cdec-centrenord.org.



(Photo: Jacques Pharand)

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