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Journal de Rosemont / Petite-Patrie
Ovation 2008
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À la croisée des chemins

Hélène Dagenais, directrice générale par Hélène Dagenais, directrice générale
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Article mis en ligne le 9 juin 2008 à 14:23
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À la croisée des chemins
Novembre 1979 – 5675, rue Lafond. Les yeux du monde entier se tournent vers Téhéran où les étudiants iraniens, répondant aux flûtes des minarets, provoquent la célèbre crise des otages de l’ambassade américaine. Pendant ce temps, à Rosemont, on tente toujours de faire mentir les prophètes de malheur que le décès du Boys Club laisse indifférents. Trois membres de l’ancien conseil de direction, avec l’aide de représentants du réseau de la santé, de Centraide, de la Ville ainsi que du bureau du député local ont formé, il y a déjà quelques mois, un comité de relance.
Ce comité veut recréer une dynamique de centre des jeunes et faire revivre les glorieuses années où on savait les distraire et les organiser. Alors, ils s’attellent sans relâche à ce travail. D’abord, franciser : le Club des garçons et filles de Rosemont naît donc sur les cendres encore fumantes du Boys Club. Ensuite, s’ajuster : le nouveau Club entend offrir des loisirs et de l’aide à une jeunesse qui ne semble alors promise qu’aux seuls plaisirs du chômage. Puis, déjouer cette réputation de centre destiné aux enfants des contremaîtres qui se sont inféodés aux dirigeants des Ateliers Angus et du Canadien Pacifique.

Il est vrai que le boulevard Saint-Michel constituait, il y a peu, une nette ligne de démarcation entre petits employés et ouvriers francophones, à l’ouest de la rue, et les cadres et ouvriers spécialisés anglophones, à l’est, qui habitaient dans des maisons cossues. Ce n’est qu’au cours des années 1960 et 1970, qu’on assiste à l’arrivée massive de francophones des deux côtés du boulevard. Le comité de relance mise donc sur leur participation massive comme dans les belles années et sur un financement, que l’on souhaite abondant il va sans dire !

Il semble que le successeur du United Red Feather, Centraide, souhaiterait plutôt mettre la clé dans la porte d’un organisme aux orientations encore trop tournées vers les loisirs. Quant à l’organisation des Boys Club, on l’a vu, la saignée des contributeurs anglophones qui suit l’élection de 1976 et le référendum de 1980 n’en laisse qu’un seul debout à Montréal, le Boys Club de Verdun.

Ce qui doit arriver arrive : la conjoncture économique épouvantable tue le projet dans l’oeuf. L’argent n’est tout simplement pas au rendez-vous. Et la jeunesse non plus, elle qui a trop à faire avec des problèmes autrement plus profonds. Mais, cet indispensable travail d’élagage va permettre au centre de renaître bientôt.

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