Le père Paul Czoch et le vicaire Robert Ratajczak célébreront dorénavant les messes de l'église Saint-Édouard. (Photo: Éric Carrière)
Un homme et son Église
Après 50 ans de vie pastorale, le curé Michel Gauvreau prend sa retraite. Comment se sent-il à la veille de son départ de la rue Saint-Vallier? « Revenez me voir dans six mois ou un an et je vous le dirai! Car, pour l’instant, je ne le sais pas. Quand le déracinement se fera sentir, je réaliserai peut-être plus... », lance-t-il en riant.
Le prêtre n’a pas l’intention de se retirer complètement de la vie religieuse. En plus des quelques cours de théologie déjà inscrits à son agenda, Michel Gauvreau souhaite toujours servir activement l’Église. Pour l'instant, il ne sait cependant pas quelle forme cette implication prendra.
Chose certaine, la coupure avec les gens de Saint-Édouard ne sera pas facile, anticipe-t-il. « Quand on quitte une paroisse où on a œuvré autant d'années, il y a un deuil à faire. »
L’avenir de la paroisse
Le père Paul Czoch et le vicaire Robert Ratajczak célébreront dorénavant les messes des paroisses de Saint-Édouard, de Saint-Arsène et aussi celles de la Mission Sainte-Thérèse d'Avila.
Ils auront aussi la tâche de former une équipe d’animation qui travaillera en lien avec les paroisses afin de poser les bases d'une éventuelle unité pastorale. « Il est possible que Saint-Édouard et Saint-Arsène forment une unité pastorale: les paroisses ne disparaîtront, mais l'unité pourrait être une étape avant une éventuelle fusion », avance Michel Gauvreau.
Son départ est positif, dit-il: il pourrait être l’occasion d'un renouveau pour Saint-Édouard. « Quand un prêtre reste trop longtemps au même endroit, il y a un risque qu'un noyau dur se forme autour de lui qui empêche la paroisse d'avancer. »
La foi et les jeunes
Visiblement, la population, particulièrement les jeunes, se désintéresse de la religion. Quelle stratégie devrait adopter l’Église? Le père Gauvreau ne pense pas qu’il faille ramener les jeunes à la messe, mais plutôt aller les rejoindre sur leur propre terrain. « Leurs préoccupations ne sont pas les mêmes que les nôtres, dans notre temps. Il faut encourager les jeunes dans leurs initiatives, l’environnement par exemple. »
Selon lui, l’Église ne correspond peut-être plus à ce que les jeunes recherchent. « Souvent, les prêtres s’accrochent aux traditions. La religion catholique a besoin de renouveau, ce n’est pas mauvais, mais le changement fait peur à beaucoup de gens. Ça ne me fait pas peur que les églises se vident. C’est peut-être le signe de la naissance d’une église nouvelle et plus dynamique. L’Esprit travaille toujours autour de nous, peu importe où l’on se trouve. »