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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Du pain d’abord, des jeux ensuite

Hélène Dagenais, directrice générale par Hélène Dagenais, directrice générale
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Article mis en ligne le 14 juillet 2008 à 11:49
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Du pain d’abord, des jeux ensuite
Novembre 1986 – 5675, rue Lafond. Parti de Tchernobyl en avril dernier, un funeste nuage complète son tour du globe quand un soleil radieux, lui, embrase Rosemont en novembre. La communauté fête ses plus célèbres enfants : l’élection du Ralliement des citoyens et citoyennes de Montréal (RCM) conduit les Rosemontois Léa Cousineau, Jean Doré et André Lavallée aux commandes de l’Hôtel de Ville, à Montréal, et met fin à toute une époque. Enfin, la conjoncture semble favorable au quartier !

Les gens du Carrefour communautaire de Rosemont ont aussi d’autres raisons de se réjouir. Non seulement ont-ils maintenant l’oreille des nouveaux dirigeants de Montréal, mais leurs affaires tournent rondement. Et sa direction ne s’impose pas de limite! Grâce au travail acharné d’une équipe qui s’agrandit et aux recettes du bingo du mercredi soir, les activités se multiplient. L’autonomie accordée à ses corporations Le Parc d’Hiver et La Joujouthèque contribue à fabriquer des administratrices chevronnées qui iront faire usage de leurs compétences, un jour pas si lointain, dans d’autres organisations.

À l’initiative de Pierre Boivin, qui a emmené des manières franches et rudes de son Abitibi natale, la Banque d’emplois est formée. Elle débute modestement par la distribution de circulaires, ce qui met un peu de baume sur les plaies que le chômage ne cesse de remuer alors dans Rosemont, et deviendra dans quelques années le Service d’entretiens ménagers Pro-prêt. Pendant ce temps, le centre de référence Mille et un usages et, il y a peu, L’Appartement supervisé viennent en aide aux jeunes démunis. Car si le logement constituait un enjeu de taille dans les années 1970, c’est maintenant l’emploi qui alimente les mauvais rêves.

Les résidants du quartier ont en effet un revenu moyen franchement inférieur à la moyenne métropolitaine (18 855 $ vs 24 038 $), alors que le taux de chômage (10,1 % vs 8,7 %) et la proportion de familles monoparentales (18 % vs 15,2 %) y sont nettement supérieurs. Les nombreux organismes qui tentent de soutenir la communauté doivent lutter quotidiennement pour leur survie lorsque la COVIC, l’ancêtre de l’actuelle Corporation de développement communautaire, voit le jour à l’initiative du Carrefour et s’installe dans les locaux d’une ancienne école.

La conjoncture politique est peut-être plus sereine, mais elle n’explique pas tout. La direction du Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens possède indéniablement des habiletés pour établir une proximité avec les résidants malgré la conjoncture économique, elle, qui continue d’être défavorable. À peine quelques centaines d’ouvriers oeuvrent aux Ateliers Angus, jadis berceau de l’industrie canadienne du rail.

Mais les rapports qu’entretiennent le Carrefour et les résidants, les autorités, le Centre local de services communautaires de Rosemont et d’autres organismes sont de mieux en mieux tissés. Le Carrefour possède un judicieux sens de la participation qui s’avère contagieux. Pour sa direction, on assure le pain d’abord, les jeux viendront bien plus tard. Rome ne s’est pas faite en un jour, dit-on…

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