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Les Doux Cactus : de Rosemont au Japon

André Desroches par André Desroches
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Article mis en ligne le 1 août 2008 à 7:00
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Les Doux Cactus : de Rosemont au Japon
Les Doux Cactus donneront un concert gratuit le 8 août. (Photo: Jacques Pharand)
Les Doux Cactus : de Rosemont au Japon
Pas de grand-mère ou d'arrière-grand-père originaires de Kobe. Pas une goutte de sang nippon dans l'arbre généalogique. Pas un des membres ne parle la langue de Mishima. Et pourtant, le groupe Les Doux Cactus, une formation 100% québécoise fondée en 2006, a décidé de chanter en japonais.

Choix artistique pas banal pour ces quatre Rosemontois que l'on pourra entendre le 8 août. Ils présenteront à 20h30 un concert en plein air gratuit près de l'intersection Louis-Hébert et Rosemont.

Accompagnés d'une section de cuivres, Vincent Hamel (voix, contrebasse, thérémine), Charles Hamel (guitare), Jérôme St-Jean (guitare) et Charles Henri Duquette (batterie) livreront une douzaine de chansons en japonais. Ils nous promettent «un party d'une énergie débordante».

Si les accords commerciaux ne manquent pas, «il n'y a pas beaucoup d'échanges culturels entre le Japon et l'Occident. Il y a une barrière, la langue», note Vincent Hamel. Les Doux Cactus font leur part pour jeter un pont alors que le spectacle qu'ils donneront soulignera le 80e anniversaire des relations diplomatiques entre le Canada et le pays du soleil levant.

Cette aventure a débuté de manière toute simple pour le quatuor, qui a fait paraître l'an dernier le disque japonais pur jus Japanese Country. «Jusque là, nous faisions du cover country-rock», relate Vincent Hamel. Or au cours d'une soirée, ce dernier demande à une amie japonaise de lui traduire quelques phrases. Quatre phrases, puis une autre, puis une autre. Ces vers mis bout à bout sont devenus une chanson. Le groupe ajoute la pièce à son répertoire. «Au fil des spectacles, on a constaté que c'était la toune qui levait le plus dans le show», explique le chanteur encore un peu étonné de ce succès qui allait dicter la suite des choses.

Les membres ne parlent pas un mot de japonais. Leur maîtrise des paroles doit tout à l'apprentissage de la phonétique. En novembre dernier, lors d'une tournée au Japon au cours de laquelle ils ont tourné le clip Mon Noël à Tokyo, ils on pu vérifier la qualité de leur prononciation. Vincent Hamel se remémore cette performance dans un restaurant. «Les gens nous comprenaient bien», dit-il. Toute une surprise pour les Doux Cactus de voir les clients reprendre en chœur un refrain accrocheur.

«On ne fait pas ça pour que ça marche, pour que l'on soit célèbre. On voit qu'il y a un intérêt», confie Vincent Hamel. Un intérêt de la part du public, et aussi un intérêt au plan artistique pour les membres du groupe. La langue colle parfaitement à leur musique «country-flyée-festive» qui file à 100 à l'heure. Tak ! Tak ! Tak ! Tak ! Tak ! C'est très rythmé comme langue. «Musicalement, c'est fort intéressant, estime Vincent Hamel. Le fait de chanter en japonais me donne une liberté. C'est comme si je jouais d'un autre instrument. Je ne me sens pas les mains liées.»

Au début, «on faisait ça pour s'amuser, glisse le chanteur. Là, c'est sérieux.» Ce n'est pas qu'une lubie. Le japonais est là pour rester. «Nous avons l'intention de continuer à creuser ça», avec le même leitmotiv qu'au début, explique Vincent Hamel : ne pas faire de la pop bonbon, mais de la musique de party.

Il ne cache pas que l'importance du marché constitue un aspect très intéressant. Tandis que les artistes du Québec jouent du coude à Paris pour tenter de séduire un marché de 65 millions de Français, la compétition est pas mal moins féroce au Japon, un pays où vivent 130 millions d'habitants – 30 millions pour la seule région de Tokyo et sa banlieue. Et les Japonais sont friands de musique. C'est le second marché après les États-Unis.

Se démarquer ainsi a valu une belle surprise aux Doux Cactus. Un matin, un producteur belge travaillant à Hollywood a pris le téléphone pour communiquer avec un groupe québécois chantant en japonais. «J'étais certain que c'était quelqu'un qui me niaisait», relate Vincent Hamel. Pas du tout. Le 19 juillet dernier, à l'invitation de Sony Pictures International, ils étaient au Japon pour assister à la première du film de science-fiction Starship Troopers Marauder, du réalisateur Ed Neumeier, dans lequel on peut entendre leur chanson UFO tirée de Japanese Country. «Le producteur nous a trouvés sur You Tube. Il cherchait une toune country. Quelque chose de bizarre, lance en riant Vincent Hamel. Une belle surprise. C'est tombé du ciel !»

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