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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Un bouleversement n’attend pas l’autre

Hélène Dagenais, directrice générale Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens

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Article mis en ligne le 28 août 2008 à 9:22
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Un bouleversement n’attend pas l’autre
Hélène Dagenais, directrice générale

Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens
Novembre 1994 – 5675, rue Lafond. Cet automne-là est riche de rebondissements politiques. Pendant que l’élection d’un gouvernement péquiste, après une quasi-décennie de règne libéral à Québec, met la table pour un référendum en 1995, un ancien haut fonctionnaire, Pierre Bourque (rosemontois, lui aussi…), prend les rênes de l’Hôtel de Ville de Montréal à peine huit semaines plus tard.

Pendant ce temps, au Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens, on s’active toujours à faire ce qu’on fait de mieux : travailler avec les gens. L’action du Carrefour est tangible et concrète, comme peut en témoigner la mise en place, deux ans auparavant, d’un Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM). Le milieu communautaire de Rosemont – La Petite Patrie est foisonnant et dynamique; il n’y manque pas de discussions et de négociations qui remuent les organismes du quartier.

L’État, ses institutions, et même certains organismes, ne jurent plus que par un nouveau credo, la performance, ce qui porte ombrage à l’approche préconisée par le Carrefour : le gros bon sens. La dimension économique prend maintenant toute la place si bien qu’on fait maintenant des affaires, qu’on offre des services. Le phénomène est amplifié par une grande réforme qui secoue le secteur québécois de la santé où l’on ne manque pas de s’ajuster aux goûts du jour.

Le resserrement des conditions à l’aide sociale donne le ton à ce qui s’avère un désengagement graduel de l’État à l’égard de certaines politiques sociales. Désormais, on donne ou on achète un service. Ce changement du profil social a des conséquences partout : le bénévolat passe de 18 000 à 2000 heures par année au Carrefour en quelques années. Les recrues dans les conseils d’administration se font rares. À Rosemont comme ailleurs au Québec, on s’aperçoit que la pauvreté n’est pas qu’affaire d’argent : elle est surtout dans le rapport avec les autres.

Au cours de la décennie, l’intervention sociale diffère grandement de celle d’il y a vingt ans, ce qui fait dire à la direction du Carrefour que « là, maintenant, on se trouve dans un autre monde ! ». La course folle à la consommation qui gagne les gens ne distingue pas pauvres et riches. On cherche à porter des vêtements griffés que l’on soit un nouveau propriétaire du quartier Angus ou un locataire qui subsiste grâce à l’aide sociale quelques rues au nord.

Ces changements en profondeur justifient plus que jamais l’action du Carrefour communautaire. Non seulement, fait-il entendre une voix différente du discours dominant, mais il défend les besoins des gens du quartier notamment auprès de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux. Le Carrefour ouvre aussi ses grands locaux à une banque alimentaire hebdomadaire et jette les fondements avec le CLSC de Coopère Rosemont qui, dès l’année suivante, moussera la participation paternelle dans la vie familiale.

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